La joie de vivre et la parentalité

« J’ai perdu la joie de vivre » me dit cette jeune maman.
« Je pense que je n’étais pas prête à être mère » ajoute-t-elle.
Sa remarque me fait sourire : qui peut être prêt à ce bouleversement total qu’est le fait de devenir parent ? Personne.
« Je n’avais pas de petits enfants autour de moi, je suis fille unique ».
Elle me fait rire : mais qu’importe !… Vous pouvez gérer des enfants autant que vous voulez et en être entourés du matin au soir, tant que ce ne sont pas les vôtres, vous ne pouvez pas vraiment réaliser ce que c’est qu’être parent.
Et il n’y a pas de bon moment.
Jamais.
Et je ne transmets ici que ce qu’on m’a dit à moi aussi il y a des années. Et j’ai trouvé cette phrase très juste.
« On n’est jamais réellement prêt à avoir des enfants. Il n’y a jamais de moment idéal ».
On s’invente des prétextes, des excuses, pour repousser ou ne pas s’engager. Mais il n’y a pas réellement de moment idéal.
Quand à perdre sa joie de vivre à cause de cela… Hum… Comment dire ? Hormonalement c’est vrai que les femmes prennent un sacré coup avec la grossesse et l’accouchement et qu’elles peuvent facilement tomber en dépression.
Mais qui dit qu’elles n’étaient pas sujettes à faire une dépression quoiqu’il arrive ?
Eduquer un enfant, surtout un petit, c’est un marathon. Il faut tenir sur la longueur. Le manque de sommeil, le manque de temps. Les journées qui se rallongent soudain avec plus de temps pour soi. Réussir à prendre une douche peut relever de l’exploit. Tout comme dormir une nuit complète.
Et pourtant, malgré ce dessin catastrophique que j’esquisse, je vous dirais comme on me l’a dit : « Et pourtant les gens continuent de faire des enfants depuis des générations et ils sont heureux d’en avoir… »
Passée cette période terrible de la petite enfance (qui peut, paradoxalement, paraître également très douce et même un peu magique), les adultes qui ont des enfants estiment que c’est ce qu’ils pouvaient réussir de mieux dans leur vie, que rien ne vaut d’avoir des enfants.
Alors ?
Alors mon interlocutrice va devoir apprendre à déléguer, à se dégager quelques minutes chaque jour rien qu’à elle et peu à peu retrouver sa joie de vivre, son envie de vivre.
Et qu’elle n’hésite pas à l’affirmer : oui, le fait d’avoir des enfants est peut-être à la base de sa dépression et de son poids en trop. Mais et alors ? Même si c’est leur faute, ils n’y sont pour rien alors avançons !…
Elle n’ose pas l’admettre car « cela ne se fait pas ». Mais pourquoi pas ?
L’arrivée d’enfants dans la vie d’un adulte peut être une plaie, c’est vrai. Mais c’est aussi le plus beau des cadeaux.
Aux adultes d’être assez raisonnables pour savoir concilier responsabilité vis-à-vis de l’enfant (qui demande du temps et des soins) et un peu d’égoïsme aussi pour prendre soin de soi aussi.
Comment rendre les autres heureux si vous n’arrivez pas à l’être vous ?
Amicalement,
Joy
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