On attend quoi?

Fleur décorative

Une de mes amis chères est une mère formidable. Elle se plie en quatre pour ses filles et fourmille d’idées pour leur plaire. Mais son éducation est irréprochable et ces enfants sont les plus adorables, les plus polies, les plus merveilleuses que je connaisse.

Aussi quand mon amie m’a proposé de la seconder pour un « anniversaire au musée », j’ai dit oui.

Il faut dire aussi que mon travail était assez simple : accompagner une demi-douzaine d’enfants d’une dizaine d’années en sa compagnie jusqu’à un musée où une professionnelle allait les prendre en charge sous couvert d’une « enquête policière ».

Le musée n’étant pas tout près, nous sommes arrivés avec un quart d’heure d’avance au point de rendez-vous. Mon amie et moi bavardions donc en attendant.

Et là, au bout de quelques minutes, l’un des enfants est venu nous interrompre : « On attend quoi ? »

Douce et gentille, mon amie lui a gentiment expliqué ce que, je crois, elle avait expliqué au groupe quelques instants plus tôt.

« Nous devons attendre 15 minutes puis nous rejoindrons la personne qui va s’occuper de vous ».

180 secondes n’étaient pas passées que le même enfant revenait à la charge : « On doit attendre encore longtemps ? »

J’avais une terrible envie de lui répondre « Ben oui : 15 minutes moins 2 minutes, soit 13 minutes » mais je me suis retenue. Après tout je n’étais pas en charge de ces enfants, chacun sa croix. Mon amie lui a répondu avec sa gentillesse habituelle…

Au bout de quelques minutes, il est revenu à nouveau, cette fois pour nous demander si on ne pouvait pas « téléphoner ». Car oui, voyons, c’est inadmissible que cet enfant de 10 ans perde ainsi son précieux temps. L’adulte ne pourrait pas se dépêcher et courir nous retrouver ? Mon amie toujours aussi patiente lui a répondu gentiment que ce n’était pas comme cela que ça fonctionnait. Et moi je me réjouissais de ne pas avoir à lui répondre car j’aurais été moins douce…

Pour nous occuper les quelques minutes restantes, nous avons eu également d’autres remarques des autres enfants invités (pas les filles de mon amie qui sont très bien éduquées) : « Oh la la, qu’est-ce que j’ai soif ! » « Quand est-ce qu’on fait le goûter ? J’ai faim ! »… etc.

Puis l’heure est arrivée, nous avons démarré l’enquête policière qui était très bien et la journée s’est bien passée. Mais je suis restée sidérée par l’impatience totale de ces enfants. Zéro tolérance à la frustration !

Mais qui enseigne ceci à ces enfants ? Est-ce que les parents qui passent tout à leurs enfants à la secondes ont conscience qu’ils les condamnent à devenir des adultes frustrés ? Ces enfants risquent de finir bien malheureux et également ingérables pour la société…

Amicalement,

Joy

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