Les heures sombres de l’âme

Fleur décorative

Un matin, mon partenaire de vie me dit qu’il s’est réveillé plus ou moins pendant la nuit et qu’il a eu des idées très noires.

« Ah ? Toi aussi ? »

Cette même nuit, moi aussi j’avais subi un réveil nocturne (ce qui ne m’arrive que rarement) et j’avais eu beaucoup de mal à me rendormir (ce qui est encore plus rare me concernant). Mes pensées, livrées à elles-mêmes, étaient devenues sombres, excessivement sombres. J’en étais même venu à me dire « Mais, que fais-je là ? Pourquoi je vis ? Ce ne serait pas mieux de se suicider ? »

Et puis un éclair de lucidité m’avait traversé l’esprit : tout allait bien. Ma vie était plus que magnifique, et il n’y avait vraiment aucune raison de se plaindre. Et je m’étais soudain rappelé, dans cet espèce de demi-sommeil, un chapitre de l’excellent livre posthume de David Servan-Schreiber : « Notre corps aime la vérité ». Un chapitre intitulé « Les heures sombres de l’âme ». L’auteur raconte comment, la nuit, notre cerveau désœuvré mais fatigué a tendance à se faire un « mauvais trip », et ce pour des raisons physiologiques.

Et lui de conclure :

« Nous ne pouvons pas échapper aux fluctuations de nos mécanismes biologiques. Nous aurons tous à vivre ces heures sombres de l’âme, ces inquiétudes disproportionnées qui surgissent durant la nuit. Mais  savoir qu’il s’agisse surtout d’un passage à vide programmé de notre physiologie est déjà un rempart solide contre le désarroi. Ne serait-ce qu’en se souvenant que, le matin venu, tout cela ne paraîtra plus si écrasant ».

Et c’est tout à fait ce qu’il s’est passé : j’avais lu ce livre, je m’en suis souvenu et cette connaissance m’a aussitôt apaisée : mes idées noires n’étaient qu’un délire de mon cerveau. Tout allait bien. Je me suis rendormie tranquillement et je ne me suis souvenue de ce réveil nocturne que quand mon partenaire de vie a évoqué son propre délire de la nuit.

Cette coïncidence m’a fait rire : « Ah ? Toi aussi? » et je lui ai raconté que j’avais aussi expérimenté ce flip négatif la nuit même, mais que, grâce au livre de David Servan-Schreiber, je m’étais souvenu que c’était physiologiquement normal et je m’étais rendormie.

Mon ami a paru intéressé.

Il faudra peut-être que je lui fasse lire au minimum ce chapitre… 😉

Mais c’est la lecture du livre entier que je conseille ; j’adorais les chroniques de David Servan-Schreiber… 😊

En attendant, si vous vous réveillez la nuit avec des idées noires, ne paniquez pas et rendormez-vous tranquillement : ces idées noires auront disparu au matin.

Alors souriez, demandez à votre cerveau échaudé de se calmer un peu et hop ! On oublie tout ça pour faire un gros dodo ! 😉

Amicalement,

Joy

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