Les blocages émotionnels

J’ai découvert l’existence des blocages émotionnels en lisant un livre de John Gray. Et j’ai beau avoir eu la preuve plusieurs fois de leur réalité, j’ai toujours tendance à les oublier.
Qu’est-ce donc, un blocage émotionnel ?
C’est quand une émotion vous bloque. En général il s’agit d’une émotion qui sera refoulée, que vous refuserez d’exprimer. Et, bien que cela puisse paraître bizarre, les émotions ne s’en vont que quand on les laisse s’exprimer.
Un peu comme un lutin barbu qui vous tirerait par le bas du pantalon en permanence jusqu’à ce que vous fassiez attention à lui, que vous vous penchiez vers lui pour écouter ce qu’il a à vous dire, et qui s’en irait par la suite, vous laissant enfin tranquille.
Bon, j’ai dit « lutin barbu » parce que c’est l’image qui m’est venue en tête, mais cela pourrait aussi bien être un enfant gâté… 😉
Bref, certaines émotions ne se laissent pas étouffer facilement. Un jour ou l’autre, elles vous reviennent dans la figure, comme j’ai pu le constater récemment.
Oh, cela faisait bien 2-3 jours que je sentais bien que je n’étais pas dans mon état normal. Par « état normal », comprenez « pétillante, positive, toujours envie de rire et de plaisanter ».
Je me surprenais à être négative, pessismiste, à voir le verre à moitié vide plutôt que la moitié pleine…
Ce n’était pas l’extase… 😉
Et un soir, seule pour la première fois depuis longtemps, sur le point de m’endormir, soudain, sans prévenir, je me suis mise à pleurer tout mon saoûl.
D’un coup.
Comme cela.
Peur de la solitude me direz-vous ? Que nenni, j’adore la solitude (à petites doses) car j’adore être en ma propre compagnie. 😉
Je ne m’ennuie jamais, mes pensées sont toujours en plein ébullition, mais une ébullition amusante. Je me raconte des blagues et souvent je ris toute seule.
Mais ce soir-là, un prénom a fusé au milieu de mes larmes : « Danièle ».
Danièle est une connaissance, une amie de mes parents. Et elle était morte 10 jours auparavant…
Quand j’avais appris la nouvelle, je n’avais pas versé une larme. Après tout, je n’avais pas eu beaucoup d’échanges avec elle, même si je la connaissais depuis quasiment toute ma vie.
Mais Danièle avait été pour moi une femme bien, d’une gentillesse extrême, avec cette intelligence rare de ceux qui savent faire évoluer les autres avec douceur, sans heurts ni critiques. Danièle était drôle, irrésistiblement drôle et j’aimais sa compagnie. J’aimais sa délicatesse, ses phrases alambiquées et fleuries, j’aimais ses nombreux dons artistiques.
Je l’aimais, tout simplement, et je ne lui avais jamais dit.
Maintenant c’est trop tard, je ne peux rien faire contre la mort. J’espère juste que ceux qui croient en un autre monde ont raison et que je la reverrai un jour…
Et je suis contente d’avoir laissé couler mes larmes ce soir-là, c’était pour moi une façon de lui rendre hommage…
Et vous savez quoi ? Mon sourire et mon énergie sont revenus…
Ah la la, ces blocages émotionnels… Il suffisait que je reconnaisse ce chagrin bloqué en moi pour me sentir tout de suite mieux…
Il faudra vraiment que j’y pense pour la prochaine fois…
Amicalement,
Joy

