Coeurs brisés et soirées

Fleur décorative

Imaginons comme hypothèse de départ deux personnes au cœur brisé. Appelons-les Anatole et Bernard. Les deux sont invités à une soirée mais les deux sont malheureux comme les pierres.

Quelle que soit la donnée de départ, rupture sentimentale, licenciement, décès d’un proche, qu’importe : ils ne vont pas bien.

Ils sont malheureux, déprimés, n’ont qu’une envie : se cacher sous leur couette et n’en plus sortir.

Prendre une douche et se laver les dents est un calvaire tellement ils n’ont plus d’énergie, plus d’envie, plus de joie de vivre du tout.

S’ils pouvaient appuyer sur un bouton et s’auto-détruire sans que cela porte à conséquence pour leur entourage, ils le feraient sans hésiter.

Mais Anatole comme Bernard sont trop respectueux des gens qui les aiment pour leur faire le sale coup de se suicider. Alors ils survivent, comme ils peuvent.

Mais pour cette soirée à laquelle ils sont invités, leur comportement diffère.

Anatole trouve le courage de se préparer et y aller. Bernard préfère décliner à la dernière minute et envoyer un message pour dire que « Désolée mais je ne suis pas en état » et rester sous sa couette.

Qui a raison, qui a tort ?

Difficile de le dire. Anatole pourrait très bien s’amuser sur le coup puis rentrer chez lui encore plus déprimé (par culpabilisation d’avoir oublié ses soucis quelques heures peut-être?) ou bien s’effondrer en larmes pendant la soirée car quelqu’un aura évoqué quelque chose qui l’a ramené immédiatement à ses soucis (parfois un couple qui s’embrasse devant nous peut nous bouleverser si on vient de se faire larguer).

Quant à Bernard, il est au chaud chez lui et rien ne lui arrivera. Ni en positif, ni en négatif.

Car oui, si Anatole trouve le courage d’aller jusqu’à la soirée, il peut aussi lui arriver du positif. Ce qui peut difficilement arriver à Bernard coincé chez lui.

Anatole peut rencontrer des personnes intéressantes. Un nouvel amour, un contact pour un nouvel emploi, une personne qui a vécu un décès également et avec qui il pourra partager son chagrin…

Qui sait ?

Ou peut-être ne rencontrera-t-il personne de particulier mais reviendra-t-il chez lui avec un nouveau savoir : la certitude qu’il a le courage de « se bouger » même en étant malheureux comme les pierres. Et cette confiance en soi peut faire la différence entre Bernard et lui. Cela peut être l’impulsion qui le sortira de sa déprime.

Et cela, c’est beaucoup. 😊

Amicalement,

Joy

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