Ceux que j’aime et qui m’aiment…

Fleur décorative

« Carrément ! »

C’était mon cri du cœur, ma réponse instinctive quand mon chef m’a proposé d’aller rencontrer un de nos clients à l’autre bout du monde, dans cette zone où la Planète Bleue s’égrène en petites îles paradisiaques…

Les îles, comme beaucoup, j’en rêve. Je fantasme sur une autre vie, sur la possibilité qu’un jour « je lâche tout et je pars vivre là-bas »…

Ah !… Tout quitter, larguer les amarres et s’en aller là où il fait toujours beau, là où l’eau est chaude, que ce soit la pluie ou la mer, et où le soleil brille toujours…

Alors j’ai dit oui.

Et très vite j’ai commencé à avoir des doutes… Et si j’avais pris la mauvaise décision ?… Bon, ce n’était pas un départ définitif, mais quand bien même ? Avais-je vraiment envie d’y aller ? Là ? Maintenant ?…

En fait non, pas trop, ce n’était pas vraiment le moment parfait dans ma vie pour cela. Même pas du tout.

Mais il était trop tard alors je suis partie. Vite. Un départ précipité et préparé à la hâte…

Et me voilà. Me voilà à l’opposé de chez moi. Et le célèbre vers de Lamartine me revient en tête : « un seul être vous manque et tout est dépeuplé ». Je me moque de moi-même : me voici à réciter cette phrase que je devais écrire sur mes cahiers étant ado, sans encore trop savoir à l’époque ce que l’amour et l’attachement signifient vraiment. Pourtant, c’est bien ce que je ressens.

Et je prends soudain conscience qu’il est temps que j’arrête avec mes fantasmes d’une vie plus belle ailleurs. Ma vie est très bien telle qu’elle est et la pelouse du voisin nous paraît toujours plus verte jusqu’à ce qu’on s’aperçoive que c’est du gazon artificiel…

Ma vie était parfaite telle qu’elle l’était, même si ce n’était pas dans une île aux eaux turquoises… Parce que j’étais avec ceux que j’aime et qui m’aiment. Tout simplement. Et ici je ne suis qu’une inconnue anonyme et isolée.

Étrangement, je me rappelle avoir déjà vécu cette situation : un départ lointain volontaire… et une solitude terrible et tenace.

Vais-je vivre la même chose ici ? Je l’ignore. Quelque part en moi j’ai toujours l’espoir que ce n’est que le décalage horaire, le terrible décalage horaire, qui a raison de mon moral et de ma joie de vivre.

Une bonne nuit de sommeil et tout ira mieux ?…

Chiche ! 😉

Amicalement,

Joy

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