Se sentir important… pour des raisons saines s’il vous plaît.

Fleur décorative

Je relis, avec grand plaisir, l’un des livres de Dale Carnegie : « Comment se faire des amis? ». Je compte écrire plusieurs articles sur ce livre qui est un chef d’oeuvre, mais je vous invite surtout à vous l’offrir pour votre lecture de l’été… Je ne pourrais jamais être aussi claire et percutante que Dale Carnegie. 😊

Je n’en suis encore qu’au début du livre et une anecdote me choque.

Dale Carnegie narre le cas d’une femme, dont lui aurait parlé une écrivain, Mary Roberts Rinehart (que je ne connais même pas de nom). Cette femme, décrite comme « jeune, intelligente et vigoureuse », est restée prostrée dans son lit durant dix ans. Était-elle malade ? Pas physiquement du moins. Dale Carnegie raconte qu’un jour, elle s’est mise au lit et a refusé de vivre. C’est donc sa vieille mère qui s’est occupé d’elle pendant 10 ans, qui l’alimentait, qui prenait soin d’elle. Mais au bout de tant d’années, la mère s’est fatiguée et est tombée malade et elle en est morte.

L’auteur explique alors comment, après avoir langui quelques semaines, la jeune femme s’est levée, habillée, et s’est remise à vivre.

Cette anecdote me fait penser à ce qu’écrit Eric Berne dans ses livres sur l’analyse transactionnelle, sur les « jeux de rôles » auxquels nous jouons parfois dans la vie, comme l’alcoolique qui va s’associer avec « celui ou celle qui prend soin de lui tout en lui reprochant son alcoolisme. »

A la place de la jeune femme, je pense que j’aurais culpabilisé suite au décès de ma mère. Car c’est probablement le fait qu’elle-même se soit laissée chouchouter pendant des années qui a accéléré la disparition de cette dernière.

Mais, à bien y réfléchir, je me dis aussi que la mère est responsable. Pourquoi a-t-elle accepté ce jeu ?… Pourquoi a-t-elle accepté de prendre soin de sa fille ainsi alors que celle-ci était capable de s’occuper d’elle-même et de sortir de son lit ?… Quel jeu de rôle jouait-elle ? Que s’est-il passé dans sa vie pour qu’elle accepte sans broncher ce rôle ingrat ?

Dale Carnegie cite cette anecdote afin d’illustrer le besoin que nous avons tous de nous sentir important. Juste avant, il dit : « Il y a des personnes qui se convertissent en invalides pour obtenir de la sympathie et de l’attention et satisfaire ainsi leurs désirs d’importance. »

J’imagine que la mère aussi se sentait importante en ayant quelqu’un de qui s’occuper…

Encore une fois, je suis d’accord avec Dale Carnegie : que nous soyons un enfant ou un adulte, nous avons tous besoin de nous sentir important. Mais je reste persuadée qu’il y a des « bonnes causes » et des « mauvaises causes » de se sentir important.

Nous avons tous eu un moment où nous cherchions à attirer la sympathie de par notre maladie, moi la première. Mais est-ce une bonne raison ? Ne serions-nous pas plus heureux si nous nous sentions importants parce que nous avons réalisé un beau dessin, progressé dans telle activité ou telle autre, voyagé à tel endroit, ou encore su trouver les mots aimables pour telle ou telle personne ?…

Il y a tant de façons de se réaliser, sommes-nous réellement obligés de choisir une manière malsaine de nous sentir important ?…

Je vous laisse y réfléchir. 😉

Amicalement,

Joy

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