Médecin généraliste avec une vie perso

Fleur décorative

C’est décidé, j’en ai marre, je fais des infidélités à mon docteur généraliste.

Je vais trop mal en ce moment. Pour une fois que ma santé est à ce point mauvaise, il est grand temps de se faire aider par un docteur.

Or la mienne n’est jamais disponible.

A chaque fois que je la vois, elle se plaint de sa vie de docteur qui a du mal à avoir une vie de famille.

Je pense que tout le corps médical sera d’accord avec elle : ce sont des métiers exigeants, très durs, et qui sont facilement chronophages.

Cependant, en tant que patiente, cela m’est pénible de me heurter systématiquement à une porte close, alors que je me suis déplacée jusqu’à chez elle, parce qu’elle a décidé qu’elle ne consultait plus ce jour-là ou à ce moment-là.

Je comprends son besoin d’avoir une vie personnelle, évidemment. Surtout ces dernières années où il est fait mention partout de « 35 heures » qui rendent envieux ceux qui y croient. Mais quand vous êtes malade, que vous vous déplacez difficilement jusqu’à son cabinet et que la porte reste close, c’est embêtant aussi.

Alors évidemment, on me répondra « Il fallait prendre rendez-vous ». Ben oui, j’y ai bien pensé mais le prochain rendez-vous est pour dans deux semaines. Or, j’espère bien avoir guéri entretemps…

Donc ça y est : je change de docteur.

La nouvelle, une autre femme (quasiment tous les docteurs généralistes aujourd’hui en France sont des doctoresses), m’accueille, charmante. Elle est en retard mais je m’en fiche. Les patients sont bien là pour patienter je suppose, sinon on nous appellerait pas des « patients ». Elle m’ausculte, conclue qu’en effet il était temps que je consulte un docteur et je lui fais part de mon envie de continuer à aller la voir elle si elle n’y voit pas d’inconvénient. Elle m’explique alors le fonctionnement de son cabinet : ils sont deux, un remplaçant vient pallier les moments où elle ne consulte pas car elle a une vie de famille. Elle semble craindre que cela me gêne. Au contraire, j’applaudis des deux mains une organisation ingénieuse.

Les jeunes médecins n’ont souvent pas d’enfants donc pas d’impératifs le soir, mais pas forcément les moyens de s’offrir un cabinet. Et elle, un peu plus âgée, a toutes les raisons du monde de vouloir profiter de ses jeunes enfants.

Pour les patients (dont je suis maintenant), c’est tout bénéfice : des horaires amples, claires, simples, qui ne varient pas au gré de l’humeur, avec en prime des créneaux « réservés » ouverts seulement la veille pour le lendemain pour les urgences…

…ce qui fait d’ailleurs que j’ai pu en obtenir un.

Bon, je compte bien guérir et ne pas retomber malade de sitôt, mais tout de même, je sens que cela va être plus simple désormais d’aller consulter un docteur… 😊

Ce sera mieux pour mon propre bonheur… et pour celui de ces deux médecins qui se partagent un cabinet.

Et pour mon ancienne généraliste qui se plaignait de « ne pas trouver de remplaçant », peut-être que la citation suivante, attribuée à Gloria Steinem, pourrait lui être utile : « Beaucoup trop de gens cherchent la bonne personne au lieu d’essayer d’être la bonne personne ».

Amicalement,

Joy

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