Le mythe auto-propagé de l’épouse parfaite

Fleur décorative

Une de mes amies m’a fait rire récemment en me parlant du « mythe auto-propagée de l’épouse parfaite ».

Elle me racontait combien ça la gavait le manque de reconnaissance de son partenaire, combien elle faisait milles choses pour lui et qu’il ne s’en rendait pas compte.

Je lui ai demandé si c’était lui qui était à l’origine de la demande, si c’est lui qui lui demandait de faire autant de choses pour lui, pour eux, pour leur foyer et elle m’a répondu, avec son humour d’auto-dérision que j’adore tant, que non, que c’était elle qui se noyait dans « le mythe auto-propagé de l’épouse parfaite. »

Auto-propagé. 😊

Et cette amie a raison. Elle en est consciente car elle est très intelligente. Elle sait qu’elle se met toute seule la pression. Qu’elle joue le rôle de « l’épouse parfaite » mais que son partenaire ne lui a rien demandé.

Pourquoi pas ? C’est vrai que c’est rigolo de se donner des images et de coller aux rôles qu’on s’est donnés. Un peu comme quand on est petit et qu’on joue à « faire comme si » : « on va dire que moi je serais le papa et toi la maman ». (Ou : « moi le papa et toi l’autre papa », je ne suis pas sectaire) 😉

Mais à force de jouer des rôles, on risque aussi d’oublier qu’en réalité, c’est nous-même qui nous piégeons. Et quand l’épuisement guette, parce qu’à force de courir dans tous les sens pour être à la fois wonderwoman, superman, la copine géniale et l’épouse parfaite, on finit par en vouloir à notre entourage qui n’éprouve pas autant d’admiration et de reconnaissance éperdue qu’il le devrait… 😉

Mais, soyons honnête : qui nous a demandé de porter à manger 4 fois par semaine à Mamie isolée dans sa montagne, de prendre soin du chat des voisins et des plantes vertes de la cousine du boulanger ?… Personne.

Ou plutôt : nous-même.

Et dans quel but nous mettons-nous autant de pression ?…

Pour illusionner qui ?…

Notre entourage ?…

Mais qui vous dit que c’est ce qu’il veut, l’entourage ?… Rappelez-vous : l’enfer est pavé de bonnes intentions.

Et si votre partenaire apprécie de ne pas à avoir à effectuer toutes les tâches ingrates que vous vous attribuez pour le plaisir de jouer à « l’épouse parfaite » (ou au « mari parfait », j’en connais aussi), est-ce qu’il ne va pas également se sentir prisonnier de ne pas pouvoir faire un pas sans que vous vous ruez pour nettoyer derrière lui ou pour toute autre action censée le rendre heureux ?

Et puis n’est-ce pas plus agréable de faire certaines tâches à deux ? Préparer à manger, discuter en faisant la vaisselle, que sais-je ?…

En fait, je suis en train de me dire que les personnes plongées dans ce « mythe auto-propagé du partenaire idéal » souhaitent peut-être vivre seul(e) plutôt qu’en couple ?…

Et de fait, c’est souvent ce qu’il finit par se passer…

Alors si ce n’est pas notre objectif, peut-être pourrions-nous agir avant qu’il ne soit trop tard… et laisser un peu d’espace à notre conjoint(e), y compris en ce qui concerne les tâches de la maison ?… 😉

Amicalement,

Joy