La fierté des mères

En juin, c’était le jour de la fête des mères, et j’assistais au concert parisien de la chanteuse Zaz. Soudain, en plein concert, celle-ci s’arrête et dit à son public, avec le naturel charmant qui la caractérise, qu’elle va, si on le veut bien, appeler sa mère pour lui souhaiter une bonne fête des mères.
C’est singulier, non?
Alors Zaz téléphone à sa mère, la met sur haut parleur et lui explique qu’elle se trouve en direct au Zénith de Paris. Elle lui souhaite une heureuse fête des mères puis elle se met à chanter une chanson qu’elle dédie à sa mère, celle-ci restant en ligne.
Dans mes souvenirs, j’ai entendu la voix de sa mère au début mais plus à la fin. Il n’y a pas eu de retour, pas eu d’émotions. Avait-elle coupé le haut-parleur ? Ou bien n’a-t-elle rien dit, brisée par l’émotion ? Ou bien n’a-t-elle rien dit tout simplement parce qu’elle s’en moquait et que cela la dérangeait ?
Et voilà en quoi je m’interroge ? Est-elle fière de sa fille ? A-t-elle conscience de la chance unique d’avoir une fille aussi talentueuse (et travailleuse, le succès ne vient jamais par hasard) que Zaz ?
Indépendamment de cette dame-là, que je ne connais pas, je me pose la question de façon générale : est-ce que tous les parents ont bien conscience de leur impact énorme sur leurs enfants ?
La fierté des mères (et des pères) peut pousser un enfant à accomplir de grandes choses. Leurs mépris et rejet aussi d’ailleurs, mais dans ce cas les enfants auront bien plus de mal à être satisfaits de leurs succès. Car ils passeront leur vie à rechercher l’approbation maternelle ou paternelle. Et ce de façon parfois inconsciente.
Ce mécanisme est parfaitement illustré dans le dessin animé « Moi moche et méchant » (un chef d’œuvre, pour les adultes aussi). Dans ce film, le héros repense souvent à des moments de son enfance où l’on voit sa mère indifférente et méprisante à tout ce qu’il pouvait faire.
Dans ce cas c’était la mère qui ne montrait pas du tout son amour, mais cela peut être le père également, comme dans cet interview du père d’un Président de la République Française, il y a quelques années, qui avait montré un mépris intense pour son fils sur les ondes radio. L’entendre m’avait brisé le cœur car l’homme était odieux et j’avais éprouvé de la compassion pour son fils qui, arrivé au somme et de l’État, n’était « pas encore assez bien » aux yeux paternels.
Si vous souhaitez que vos enfants soient heureux, n’oubliez pas de leur dire « je t’aime » et faites-leur comprendre combien vous êtes fiers d’eux. Cela peut paraître accessoire mais cela ne l’est pas. C’est même ce que vous pouvez faire de plus important pour eux.
Amicalement,
Joy
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