Je ne ressens rien pour mon enfant, au secours !

Je la croise dans la rue. Elle avance avec sa poussette devant elle, un air triste sur le visage. Je ne sais pas qui est cette femme mais son bébé est jeune et je pense aussitôt à la dépression post-partum. Cette terrible dépression qui frappe les mères quand leur enfant a déjà plusieurs mois, quand tout le monde leur exprime leur joie pour cette naissance et quand tout le monde s’émerveille sur leur bonheur supposé.
Cette maladie insidieuse qui peut atteindre douloureusement la relation entre cet enfant qui grandit et celle qui est supposée l’aimer plus que tout.
La mère et son enfant sont déjà passées et je m’en veux un peu. Aurais-je dû lui parler ? L’informer de la dépression port-partum ? Lui dire que je la trouvais triste et que, si elle aussi pensait qu’elle n’était pas totalement heureuse, il y avait des moyens de s’en sortir, que la dépression post-partum, comme toutes les dépressions, est une maladie qui se soigne ?
Je n’ai pas osé. Si cela se trouve elle venait seulement de recevoir une mauvaise nouvelle passagère, ou bien son visage est dur et fermé comme le mien, sans qu’elle soit particulièrement malheureuse ?… Allez savoir.
Mais peut-être aussi est-elle réellement triste et incapable de comprendre pourquoi elle ne se sent pas bien, pourquoi elle se sent si fragile, si facilement au bord des larmes, alors que la période du « baby blues » (la semaine après la naissance) est passée et que tout son entourage s’imagine qu’elle nage dans le bonheur.
Alors c’est pour elle et pour les autres femmes dans cette situation que j’écris ces lignes. Et surtout pour l’entourage des femmes qui ont eu un enfant. Faites attention. La dépression post-partum est un classique. On n’en parlait pas autrefois et de nombreuses relations mère-enfant ne se sont jamais épanouies à cause d’elle. Très fréquente, cette dépression peut rester invisible car la Société s’attend à ce que la jeune mère soit « heureuse » et cette dernière peut cacher ses sentiments de peur de ne pas être dans la norme.
« Je ne ressens rien pour cet enfant, suis-je normale ? »
Une naissance est un chamboulement dans une vie. Et un bébé fatigue beaucoup. Sans compter les bouleversements hormonaux que le corps féminin a subi. Tout cela peut conduire à une dépression post-partum. Comme toutes les dépressions, ce n’est qu’une maladie. Et je le répète : cela se soigne. Et ce n’est pas une honte, est-ce utile de le préciser ?
Mais si vous pensez que vous ou une personne de votre entourage est atteint par cette maladie, alors il faut agir.
Une dépression nécessite des soins appropriés.
Et du temps.
Mais que le résultat en vaut la peine ! 😊
Quelle joie de pouvoir, à nouveau, ressentir le bonheur de vivre…
Et puis vous allez pouvoir découvrir ce nouveau petit être jour après jour… en étant heureuse de cette aventure.
Amicalement,
Joy

