« J’ai fait » versus « Il reste à faire »

Fleur décorative

On m’a mise en garde contre cette femme.

« Tu verras, me dit-on, elle trouve qu’il n’y a qu’elle qui travaille correctement et elle critique tout et tout le monde ».

La dame arrive et mis à part son air renfrogné, je n’ai pas à me plaindre d’elle. Au début elle me pose bien quelques questions sur un ton agressif, mais elle se calme vite quand elle s’aperçoit que j’ai les réponses et que son ton ne me déstabilise pas.

Mieux, à un moment elle doit me faire signer un document papier et elle me l’apporte… avec le style décapuchonné pour que je signe.

Je la complimente : « Ca c’est du travail comme je l’aime : parfait. Je le répète souvent aux enfants autour de moi : quand on veut que quelqu’un signe quelque chose, on lui prépare le stylo qui va avec ».

Elle sourit (ce qui est rare pour elle) à mes propos.

J’arrête là l’anecdote sur cette dame, que j’ai personnellement trouvée très bien sous tout rapport, peut-être pas très souriante mais je ne connais pas sa vie, elle a peut-être ses raisons pour ne pas sourire. De mon point de vue, peut-être regrette-t-elle qu’on n’apprécie pas assez son travail à sa juste valeur et le fait-elle sentir autour d’elle par des critiques.

Et cela m’amène à d’autres pensées concernant le monde du travail… Car aujourd’hui il est acquis que nous devons apprendre à travailler en équipe, et il n’est pas rare qu’une personne récupère une tâche démarrée par quelqu’un d’autre.

Or, à plusieurs reprises, je me suis aperçu que les personnes ont tendance à indiquer par le menu « Tout ce qu’ils ont fait ». J’ai fait ceci, j’ai fait cela. Un peu comme s’ils voulaient valoriser ce qu’ils avaient fait.

OK, pourquoi pas. Mais à mon grand regret souvent ce qu’il manque c’est un mode d’emploi clair sur… ce qu’il reste à faire.

Qu’on me dise tout ce qu’on a fait, je veux bien. Mais qu’on arrête là les instructions sans me préciser clairement ce qu’il me reste à faire, à moi qui dois prendre la relève, je trouve cela… dommageable…

Cela me fait penser à la secrétaire qui postulait pour un emploi en répondant « Vous avez dû recevoir plein de réponses à votre offre d’emploi pour ce poste de secrétaire, si vous le voulez je peux trier les réponses »…

Il y a une différence énorme entre se focaliser sur son propre nombril ou sur celui de la personne qui est en face de soi.

En me tendant le crayon pour signer, la dame de mon anecdote se positionnait à ma place, elle savait que pour signer il me faudrait un stylo. Et c’était gagnant pour elle car j’allais signer d’autant plus vite qu’elle m’avait préparé le stylo.

Si je dois poursuivre une tâche que vous avez initiée, je la finirai d’autant plus vite que vous m’aurez précisé clairement qu’il reste tel et tel élément à achever…

Et avec une telle attitude, vous garderez plus facilement un poste…

…ce qui vous ne peut qu’accroître le bonheur…

Amicalement,

Joy

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