Des noeuds au cerveau (Et si… ?)

Il existe en français une jolie expression qui dit « se faire des nœuds au cerveau ». Cela signifie que la personne réfléchit à tant de problèmes éventuels qu’elle se noie dans des hypothèses qui n’ont aucune chance de se réaliser et qu’elle ferait mieux de rester calme.
Je crois que, malheureusement, de nombreuses personnes ont cette fâcheuse habitude…
Elles se font des nœuds au cerveau parce qu’elles réfléchissent à ce qui pourrait arriver. Elles semblent toujours se demander : « Et si …? »
A force de trop imaginer les possibilités, elles oublient d’agir ou, au contraire, font et défont sans cesse sans rien construire de concret.
Les êtres humains possèdent l’intelligence d’imaginer le futur, ce qui est très bien, puisque cela leur permet d’être méfiants et de ne pas se mettre pile sur le trajectoire d’un rocher qui roule car ils devinent qu’ils vont se faire écraser. C’est donc un superbe mécanisme de défense, ou plutôt de préservation de l’espèce.
« Et si je traversais l’autoroute à pied, que se passerait-il ? »…
Très mauvaise idée.
Donc, émettre des hypothèses, à la base, c’est une bonne chose. Une très bonne chose, même. Cela sauve des vies. Mais ça devient un inconvénient quand nous forçons un peu trop le trait.
A force de chercher trop loin nos hypothèses (et de se focaliser surtout sur tout ce qui pourrait ne pas fonctionner), on finit par s’immobiliser.
Pourquoi agir puisque tout est voué à l’échec ?
Pourquoi traverser la route puisque je pourrai me faire renverser par une voiture ?
Ah, oui, mais il y a un passage piéton… Je peux traverser en sécurité ?
Oui mais, et si venait qu’une voiture ne voit pas le feu rouge à cause du soleil couchant qui aveugle le conducteur ?
Alors je vais traverser un jour de nuages.
Ah oui mais et si le conducteur est absorbé par son téléphone et qu’il reçoit un message pile à ce moment-là, ne regarde pas la route, grille le feu rouge et me percute ?
Ah… Hé bien je ne sors plus.
C’est vrai que cela peut arriver.
Statistiquement, tout peut arriver.
Même que je me fasse dévorer par un dinosaure qui se serait échappé d’un laboratoire secret qui aurait réussi à refaire vivre des dinosaures sans qu’on le sache, pourquoi pas ?
Mais c’est rare.
Très rare.
Tellement rare que je pense que je peux sortir de chez moi sans craindre les dinosaures…
Et pour le reste c’est pareil. Tout est une histoire de probabilités.
Émettre des hypothèses pour assurer notre sécurité c’est bien. Mais il faut associer à cette réflexion des statistiques : quelle est la probabilité que cela arrive ?
Et ensuite, il faut se lancer à l’eau et oser. 😊
Amicalement,
Joy
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