« Ils ne veulent pas n’importe qui : moi »

Il y a des petites phrases qui énervent parfois.
Des phrases anodines, c’est bête. Mais c’est humain.
Celle-ci m’a énervée.
Laissez-moi vous raconter : un matin tranquille, tout va bien, la journée de travail commence. Une collègue que je croise rarement est dans le coin. Salutations ordinaires et, par politesse plus que par véritable intérêt, je lui demande ce qu’elle devient et pourquoi elle se faisait rare.
Et là, elle me parle de journées passées auprès d’un client qui la réclamait et vient cette petite phrase : « C’est un client vraiment exigeant, ils ne veulent pas n’importe qui. »
Sous-entendu : ils me veulent « moi ». Parce que moi je suis la meilleure et nananananère.
(Soupir)
Bon.
J’ai souri poliment et je l’ai écouté déblatérer son petit discours…
Mais, inconsciemment, ma bienveillance à son égard s’était légèrement atténuée.
Oh, c’était léger, mais un petit voile d’amertume s’était glissé à son insu entre elle et moi. Et si elle avait dû, pour une raison quelconque, me demander un service à ce moment-là, c’est possible que je ne le lui aurais pas rendu spontanément.
« Puisque tu es la meilleure, Chérie, pourquoi ne te débrouilles-tu pas toute seule ? »
Je sais, c’est bête, c’est immature, mais c’est aussi humain. Une personne qui s’affiche comme supérieure aux autres doit s’attendre à être isolée.
Bon, concernant la dite personne, la connaissant un peu de façon intime, je me suis dit que c’était un moyen pour elle de masquer son immense manque d’estime de soi, et je lui ai pardonnée sa petite phrase sans diplomatie, et j’ai passé l’éponge.
Mais je garde l’anecdote pour mon propre usage : je vais tâcher de vérifier également si mon langage parfois ne heurte pas malgré moi mes interlocuteurs.
Et essayer d’être diplomate… 😊
Amicalement,
Joy

