Donner de l’amour, même aux méchants (et surtout à eux)

Une collègue me reprochait récemment de « trop me laisser faire », de « ne pas me défendre assez ». Le sujet sur lequel elle se basait pour me faire ce reproche était suffisamment puéril pour que je fasse autre chose que de sourire.
Je ne crois pas, ô combien non, être une personne qui « se laisse faire ». J’ai bien trop de caractère pour cela. Mais je pense surtout qu’il y a des combats qui n’en sont pas.
Avant de rentrer dans une bataille, interrogez-vous réellement sur ce que cela vous fera gagner. Si je me base sur mes lectures récentes du Dalaï-lama (cf. précédents articles), on n’y gagne jamais rien. Engager un combat ne conduit qu’à la ruine de part et d’autre.
Et, toujours selon une lecture récente (Wayne W. Dyer), on ne peut donner que ce qu’on a. Et on récolte aussi que ce qu’on donne. Bon, j’avoue, cette seconde partie n’est que de moi, mais il me semble que c’est ce que voulait dire Dyer quand il disait qu’on ne pouvait donner aux autres que ce qu’on avait. Il précisait qu’une personne pleine de colère ne pouvait donner que de la colère… et recevoir de la colère. Et qu’une personne pleine d’amour redevait de l’amour en en donnant.
Je sais que ça fait très « tout est bien qui finit bien », voire même insipide.
Et cependant…
J’avoue que c’est une leçon récente pour moi. J’ai toujours eu tendance à attaquer sans pitié ceux qui montraient un peu trop les dents. Être méchante avec les méchants et gentille avec les gentils. Sauf que c’est un peu simpliste, comme comportement.
Et que, c’est le Dalaï-lama qui l’a dit et je pense qu’il a raison : il n’y a pas de méchants ni de gentils. Nous sommes tous parfois méchants et parfois gentils. Et nous diviser avec des étiquettes « Toi méchant moi gentil » (« Toi Jane moi Tarzan ») ne peut qu’aggraver nos relations.
Le meilleur comportement serait donc d’être « plein d’amour » également pour les méchants. Voire même encore plus pour eux. Car s’ils sont méchants, c’est à dire si leur comportement est plus destructeur que constructif, c’est peut-être que justement ils sont malheureux et qu’ils ont grand besoin qu’on les aime.
Et donc à nous de leur donner cet « amour-humanité » qui les rendra… on va dire « un peu moins méchant »… 😉
Et là je repense à une amie, vendeuse dans une boutique, qui me disait qu’elle était d’autant plus aimable avec ses clients insupportables. Plus ils étaient infects et plus elle était souriante et douce. Et moi à l’époque je hurlais et je trouvais cela injuste pour les clients normaux, les polis, les respectueux.
Bon, je trouve toujours cela injuste et tout et tout, mais avec le temps, je me dis que peut-être c’est elle qui a raison. Si nous avons assez de force, de courage et d’énergie en nous pour leur sourire et être aimable, alors ils changeront peut-être leur comportement ?
…et cela fera encore plus de « gentils » ! 😉
Amicalement,
Joy

