Compagnons de lien

Toujours plongée avec délectation dans la série de romans « L’apprenti assassin » de Robin Hobb, je tombe sur cette expression : les compagnons de lien.
Il est dit que de voir mourir un compagnon de lien, c’est presque comme mourir soi-même.
Je ne vous spoilerai pas le livre, (lisez-le, c’est passionnant !) mais par « compagnon », le roman entend ici un animal. Un animal de compagnie avec qui notre lien est très fort.
Mais en lisant cette expression je me dis que c’est vrai avec tout autre être vivant, y compris les humains.
Au fil des articles de ce blog sur le bonheur, j’ai déjà eu l’occasion de réfléchir au fait que, ce qui rend heureux, c’est principalement les liens (positifs) qui nous relient les uns aux autres. Avoir des amis, un(e) partenaire de vie, une famille bienveillants.
Et, que ce soit un poisson rouge ou un grand-parent, quasiment toute personne à partir de l’adolescence aura connu ces moments atroces quand nous avons perdu un « compagnon de lien », quand la Mort nous a séparés.
La douleur est intense, elle peut durer plus ou moins longtemps, nous anesthésier de nos émotions ou au contraire les raviver plus intensément. Cela dépend des gens, de leur histoire personnelle, de la qualité de leur lien avec le compagnon mort, mais cette douleur est là.
Et, si le lien est effectivement fort, voir mourir quelqu’un qu’on aime, c’est comme si on mourait soi-même.
D’ailleurs en y réfléchissant je me dis que ce n’est même pas la mort physique qui importe, mais la rupture du lien. Que ce soit un abandon, une séparation contrainte, un divorce, une rupture sentimentale…
Plus le lien est fort et plus c’est douloureux.
Pourtant, avoir des compagnons de vie, des compagnons de lien, c’est cela qui fait le sel de la vie.
A quoi rime de vivre seul là-haut sur sa montagne ?
L’être humain est un animal sociable.
Nous avons besoin des autres, que ce soit des humains ou des animaux.
C’est pourquoi je respecte toujours la tristesse d’une personne qui a perdu son animal, même si l’animal en question n’est rien pour moi. Ce n’est pas l’être qui est en cause ici, c’est le lien.
Un jour peut-être saurons-nous voir ces « liens » qui nous relient les uns et autres et saurons-nous voir (et comprendre) réellement ce qu’ils se passent quand ils sont tranchés nets…
En attendant, à nous d’apprendre à nouer des liens avec un maximum de personnes, des liens de qualité, des liens sains.
Le Bonheur, c’est peut-être de s’entourer de compagnons de lien ?
Amicalement,
Joy
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