Choisir où focaliser son attention

Fleur décorative

Je prends des nouvelles de cette personne atteinte du Covid-19. Après avoir été très fortement secouée par le virus, elle va mieux. Cela fait des jours que la fièvre, les douleurs, un épuisement permanent la maintenait dans un état inquiétant et, pour la première fois depuis des semaines, j’entends enfin au son de sa voix qu’elle va mieux.

Certes, elle ne brille pas encore par son énergie, c’est normal. Après tout, elle a été atteinte par une maladie potentiellement mortelle qui a déjà tué plus de 2 millions de personnes dans le monde. Si pour certains cette maladie est asymptomatique (et en conduit certains à croire qu’elle n’existe pas), c’est tout de même une maladie assez impactante pour qu’elle ait chamboulé l’ordre du monde depuis un an.

Donc cette personne va mieux.

Pas beaucoup mieux mais un peu mieux.

Je m’en réjouis. Je frétille d’énergie et de joie. C’est super. C’est merveilleux, qu’espérer de mieux ? Je m’en ouvre à mon interlocuteur, qui me répond en se plaignant, encore et encore. J’écoute patiemment, oui, j’ai bien compris que de guérir d’un coronavirus aussi violent ne se fait pas si facilement et qu’une énorme fatigue traîne encore. Je comprends. Mais pourquoi s’en plaindre ? On sait que cela fonctionne comme cela, la maladie a été bien étudiée depuis des mois. S’en plaindre n’y changera rien.

Et voilà alors que mon interlocuteur, qui a désormais assez de force pour allumer et regarder la télévision (et pas sur une chaîne qui brille par de l’information positive et joyeuse), se lance dans une diatribe sur tel ou tel drame qui est arrivé dans le pays. J’essaie de changer poliment de sujet. Qu’y puis-je ? A quoi sert de ressasser les mêmes faits divers et d’en discuter façon « café du commerce » ?

Mais mon interlocuteur n’en démord pas : puisque je ne le laisse pas se plaindre sur « sa » maladie », il veut continuer à cracher sur les mauvaises nouvelles du monde.

Puisque la conversation est partie sur les actualités, je participe en parlant des quelques éléments positifs pour l’avancement du monde dont j’ai entendu la progression. Mais cela n’intéresse pas mon interlocuteur qui revient inexorablement à ces discours déprimants, ne se focalisant que sur le drame, le mauvais, tout ce qui peut lui faire s’exclamer « C’est horrible, dans quel monde vit-on ! »…

Qu’à cela ne tienne : je rigole et coupe court rapidement à la conversation : « Bon, si tu veux continuer à bavasser sur tout ce qui ne va pas, je te laisse. Amuse-toi bien. Personnellement je vais plutôt me focaliser sur du positif. Bonne journée » et je raccroche.

Entendons-nous bien : vivre une vie heureuse, ce n’est pas « faire l’autruche » et refuser de voir le monde tel qu’il est. Mais se créer des oeillères pour ne voir que ce qui ne va pas et s’y attarder en refusant d’écouter qu’il y a des choses bien, cela c’est certain, c’est un comportement qui ne vous permettra pas d’être heureux.

Et si je veux bien passer du temps à prendre soin des uns des autres, je ne peux pas le perdre non plus avec quelqu’un qui ne veut voir que la noirceur des catastrophes et s’auto-flageller.

Apprendre à être heureux, c’est un vrai programme finalement…

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Amicalement,

Joy

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