« Ca va ? »

Fleur décorative

Journée professionnelle difficile.

Très difficile.

Je suis à bout, je n’en peux plus, rien ne fonctionne. C’est une de ces journées où vous regrettez de vous être levé et de devoir gagner votre vie.

Mais la journée s’achève, enfin je m’en vais. Je suis sur le point de partir quand je le croise.

Cet homme, je le connais à peine, mais à chaque fois que je discute avec lui c’est un rayon de soleil. Il est en réunion à distance via un écran interposé mais il demande quelques instants à son interlocuteur pour me demander « Ca va ? » et je sais que sa question est sincère.

« Ca va ? »

Ce n’est pas une question en l’air. Il s’intéresse réellement à moi, je le sais, je le sens.

Pas dans un sens drague, non, pas du tout. Nous ne sommes pas de la même génération, d’ailleurs je ne pense pas qu’il s’intéresse à mon sexe. Zéro drague juste une grande empathie.

Une immense empathie.

Cet homme est un baume sur mon stress, sur ma souffrance professionnelle du jour.

« Non, ça ne va pas ». Je lui dis la vérité et je vois qu’il l’entend. Il le comprend, le ressent, et je vois qu’il est triste pour moi.

Cet homme est une éponge humaine à émotions.

Sur le coup, je l’avoue, j’ai été tellement dans la colère de ma journée gâchée que je n’ai pas tenu compte de ses sentiments à lui. J’étais juste dans mon ressenti à moi.

Il m’a demandé ce qui n’allait pas, m’expliquant qu’il comptait tout faire pour m’aider, et j’ai commencé à déblatérer tous mes problèmes. Il a changé de couleurs et est devenu très pâle : « Je ne savais pas que tu devais gérer tout cela… »

J’allais continuer mais j’ai réalisé que son interlocuteur attendait toujours devant son écran…

« On en parle plus tard, allez, salut ! » et je suis partie.

Encore une fois je ne connais pas cet homme, je ne suis même pas sûre de son prénom. Je ne sais pas s’il est bien considéré par ses collègues directs. Et j’ignore si l’entreprise connaît sa valeur. Mais chaque entreprise devrait avoir une personne comme lui. Une éponge à émotions qui, par son empathie puissante, apaise et soulage les douleurs émotionnelles de ses collègues.

J’espère qu’il ne souffre pas trop de son empathie.

Il faut que je pense à le remercier.

Je le remercierai demain.

Et j’insisterai. Il faut qu’il ait bien conscience de sa valeur.

Cet homme-là est précieux.

Amicalement,

Joy

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