Une cabane au fond du jardin

Fleur décorative

L’été s’effiloche déjà et cède la place à l’automne.

Petit à petit, les feuilles jaunissent, craquèlent et cèdent sous leur poids. Alors, elles quittent les branches des arbres et volètent jusqu’au sol.

Les vacances s’éloignent et s’emmêlent aux souvenirs des étés précédents. L’un d’eux demeure particulièrement vivace dans mon esprit. Un après-midi spécial pendant lequel la construction d’une cabane au fond du jardin parsema d’étoiles le regard de quatre enfants. Prise d’une folie passagère, je les incitais soudain à délaisser leurs jeux habituels pour parcourir la maison à la recherche de tout ce qui permettrait de fabriquer une maisonnette rien que pour nous, pour nos jeux, pour cet après-midi spécial.

Les mois ayant filé depuis, je ne sais même plus ce que nous avions trouvé : un vieil étendoir à linge peut-être ? Ou un reste de meuble attendant son heure pour le débarras ? Un drap usagé et quelques pinces à linge ?… Je ne sais plus.

Je me rappelle juste que, sous le regard étonné des autres adultes qui prenaient le café, nous avions, les enfants et moi, fabriqué une cabane brinquebalante au fond du jardin, partiellement cachée des regards par quelques buissons et dont l’entrée se faisait en rampant sous le drap accroché au petit bonheur la chance avec quelques pinces à linge.

Je me rappelle de peu de choses, d’une vieille couette étendue sur le sol sur lequel nous nous étions allongés, à l’abri dans notre cabane improvisée, à scruter le ciel à travers les feuillages des arbres au-dessus de nous et à essayer d’imaginer des formes dans les nuages.

Et je me rappelle aussi de la joie de ces enfants et de leurs batailles pour être celui ou celle qui serait couché là, près de moi, près de la dame-qui-construisait-des-cabanes et qui les avait emmenés loin en voyage… au fond de leur propre jardin.

Puis me voici désormais, avec ce souvenir magnifique dans le cœur, cette sensation d’avoir su créer l’espace d’un après-midi un peu de magie entre nous cinq, mais aussi avec ce poids léger au fond de moi, cette peur de les décevoir la prochaine fois que je les verrais.

Serais-je capable de créer une nouvelle fois de la magie pour faire briller de joie leurs yeux d’enfants ?

Et eux ? Resteront-ils longtemps des enfants capables de s’émerveiller d’un rien ?

La magie est partout autour de nous, il suffit parfois d’un regard, d’un sourire.

Mais sommes-nous seulement capables de la voir ?…

Amicalement,

Joy

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