Seuls sur une île déserte…

Fleur décorative

Je continue tout doucement la lecture du livre du Dalaï-Lama « L’art du bonheur dans un monde incertain »… Après avoir évoqué la nécessité du sentiment d’appartenance à une communauté, la discussion part sur le danger du communautarisme.

On en revient à opposer « Eux » et « nous.

Je crois avoir déjà écrit sur le sujet… 😉

Et si on insiste trop sur « notre » groupe, on finit par s’opposer à ceux qui ne sont pas comme nous. Les « autres », ceux qui sont différents… Ce qui est exacerbé dans les compétitions sportives… Et aussi ce qui est mis en exergue dans les guerres et les conflits…

Quitte à choisir, je préfère une compétition sportive ! 😊

Mis en face de cette réserve, le Dalaï-Lama complète sa pensée : le communautarisme c’est bien, mais il faut développer en chacun l’amour du prochain, ce que j’appelle moi « l’amour-humanité ». Et ce avant toute idée de sentiment de communauté. Notre première communauté, c’est d’être des humains.

Et le Dalaï-Lama propose une image intéressante : et si nous étions tout seul sur une île déserte depuis des mois et que soudain nous verrions apparaître un autre humain, mais pas quelqu’un de notre communauté. Comment le verrions-nous ?

Refuserions-nous de lui parler parce qu’il n’a pas le bon sexe, la bonne religion, la bonne couleur de cheveux ou de peau ou que sais-je encore ?

L’idée est intéressante et j’essaie de m’imaginer…

J’essaie de m’imaginer vraiment…

Parce que j’ai beau écrire sur le bonheur et être moi-même heureuse quasiment tous les jours que je vis, je ne suis pas une sainte et il y a, comme pour tout le monde, des personnes avec lesquelles je ne sens pas à l’aise.

Est-ce que vraiment je serai heureuse de revoir un être humain si je vivais seule ? Si j’étais seule avec ma peur, ma crainte de ne pas trouver à boire, à manger, à savoir me protéger ou pas ?

Sincèrement je ne sais pas…

Peut-être pour certains je passerai au-delà du rejet qu’ils m’inspirent naturellement et j’apprendrais à « faire avec », à les connaître plus intimement pour comprendre pourquoi ils sont comme ils sont (c’est à dire d’une manière que j’aime pas).

Mais pour d’autres, encore ? Est-ce que je réussirai à les voir avant tout comme des êtres humains ?…

Je ne sais pas.

(Soupir)

Me voilà assez désillusionnée sur l’avenir de l’humanité si, en imagination, je n’arrive même pas à considérer TOUS les êtres humains en frères…

Amicalement,

Joy

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