« Qu’est-ce que je suis contente d’avoir persévéré…! »

Fleur décorative

Je revois une amie après plusieurs années et nous faisons le point sur nos vies respectives.

La dernière fois que je l’avais vue, elle était tout juste diplômée et depuis elle est devenue salariée et travaille dans une société.

Sachant qu’elle vient d’un milieu social très pauvre, je l’interroge, souriante : « Tu dois toucher un salaire conséquent par rapport à ta famille ? »

Elle me confirme que oui. Je suis contente pour elle qu’elle s’en sorte, car elle vient de loin. Personne dans sa famille ne l’a poussée à continuer ses études, bien au contraire. Elle s’est battue contre vents et marées pour avoir son diplôme. Et aujourd’hui grâce à ce diplôme, elle a pu décrocher un bon métier.

Je l’admire sincèrement d’avoir su, seule, se battre jusqu’à achever ses études scolaires et je le lui dis.

Elle s’exclame : « Qu’est-ce que je suis contente d’avoir persévéré dans mes études !… »

Je ris : « Tu ne veux pas intervenir dans les collèges et les lycées pour leur tenir ce même discours ? ». Car ses yeux brillent de joie, son enthousiasme est communicatif. Qu’est-ce que j’aimerais que les enfants et les adolescents puissent la voir et l’écouter, là, en ce moment.

Elle rit aussi.

Nous continuions notre soirée et les jours passent…

Je me retrouve dans un forum des emplois où des adultes viennent parler de leur parcours professionnel (et de leur métier) à des jeunes lycéens. Par chance, je peux assister aux présentations d’autres adultes, ce qui m’intéresse énormément.

Une femme raconte qu’elle vient d’un milieu défavorisé socialement et qu’elle a poursuivi ses études pour se sortir de cette misère. Là encore, personne autour d’elle n’avait fait d’études et personne ne pouvait l’aider. Mais elle s’est accrochée. Et elle a réussi. « En France c’est possible de s’en sortir » dit-elle. C’est vrai que, même si c’est moins vrai qu’auparavant, il est encore possible en France de changer de catégorie sociale d’une génération à l’autre grâce aux études. Nous sommes encore, grâce au Ciel, loin du système américain. Des bourses existent, un magnifique enseignement public aussi.

Une autre femme témoigne également d’un parcours identique : une famille très pauvre perdue en province et des capacités scolaires qui lui permettent de partir « à la ville », en pension, pour poursuivre ses études. Et elle aussi exprime combien elle a dû se battre pour continuer. Quitter les siens, sa famille, ses amis, ses repères, pour étudier, c’était trop dur. « Nous étions parti à deux, l’autre a arrêté au bout de quinze jours… Moi j’ai tenu. Mais j’ignore si j’aurais tenu si mes professeurs ne m’avaient pas téléphonée régulièrement pour me dire de tenir bon ».

Elle a tenu. Elle a tenu et a obtenu un bon emploi et, ce qui était le plus important pour elle, un bon salaire.

Vingt-cinq après, elle en rit : « Mais aujourd’hui j’ai changé de métier. J’ai enfin fait le métier que je voulais depuis toujours : je suis prof… » Elle explique que le salaire est bas (hélas) mais qu’elle est heureuse et qu’elle aime son métier.

Ces trois femmes (en ajoutant mon amie) ont persévéré et ont poursuivi leurs études. Et aujourd’hui elles en sont heureuses.

Très heureuses.

Amicalement,

Joy

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