Lutter pour, lutter contre…

Dans la rue, une personne me tend un prospectus. Par habitude, je fais signe que je n’en veux pas (pas écologique). Mes yeux captent au passage un « NON AU… » et un « CONTRE… ». Je n’ai pas lu la suite du message et je m’en fiche. J’en sais déjà suffisamment.
Un vieux souvenir ressurgit. Un ami qui était mon meilleur ami à cette lointaine époque, à qui je me confiais dans un soir de déprime et qui me reprenait gentiment : « Non, il ne faut pas lutter contre. Il faut lutter pour. »
Lutter contre quoi ? Contre quoi je me rebellais en bonne « post-ado » de l’époque ? Aucune idée. Je ne me rappelle aucunement des détails ni de mes colères de jeune femme. Je me souviens juste de cette phrase :
« Il ne faut pas lutter contre. Il faut lutter pour. »
Et j’avoue que sur le coup, cela ne m’avait pas fait plaisir. Parce que mon ami me donnait tort et me désapprouvait. Mais c’est lui qui avait raison. Il ne faut pas lutter contre. Mais lutter pour une cause.
Lutter contre la guerre ou lutter pour la paix ?
« Lutter pour » a une connotation positive. « Lutter pour » draine des forces, des énergies constructives. « Lutter contre »… Non, lutter contre, c’est négatif. Et le négatif n’apporte rien.
Autre souvenir : une prise de bec avec un type qui m’avait agressée verbalement dans la rue quand j’étais étudiante et sans le sou : « Êtes-vous pour ou contre le sida? »… Pardon ? Mais est-ce que ces personnes s’écoutent parler parfois ? Comment peut-on être pour ou contre le sida ? On peut être pour ou contre une loi, une idée, un courant politique, mais pour ou contre une maladie ?…
Et le type devenait agressif car, n’ayant pas un sou, je ne comptais pas lui donner ce que je n’avais pas. Bref, un pur moment de plaisir… (rires)
Pour en revenir au sujet de cet article, je reste persuadée que mon ami avait raison : on ne lutte bien que quand on lutte pour, et non pas contre. Pour la liberté, pour le bonheur, pour la liberté d’être heureux par exemple. 😉
Amicalement,
Joy

