« Les questions que tu poses ! »

Fleur décorative

« Les questions que tu poses ! » me lance soudain mon interlocuteur, un peu choqué.

Oui.

J’assume.

Je suis authentique et franche et je n’hésite pas à poser des questions pas tout à fait politiquement correctes. Quand je sens que ma question peut débloquer une situation, ouvrir des vannes et ramener le bonheur là où il n’y en a plus, je pose des questions.

C’est vrai, je ne suis pas toujours diplomatique, mais mes questions font avancer et personne ne s’en est jamais plaint.

Bien au contraire.

Aussi parfois je demande aux parents (en consultation privée, bien entendu, jamais devant des tiers), s’ils aiment leurs enfants.

Ouh là là, me direz-vous, cela ne se fait pas !… Un parent aime toujours son enfant.

Hé bien non, désolée mais ce n’est pas vrai. Un parent n’aime pas toujours son enfant.

(Et là j’ai une crise de fou rires en solo parce que je songe au sketch de l’humouriste Haroun sur la famille de politique d’extrême droite, merci Haroun de me faire autant rire ! Tu es vraiment mon humouriste préféré!)

Bref, pour en revenir au sujet, et pardon pour l’interruption, un parent n’aime pas toujours son enfant.

Car un enfant n’est pas toujours désiré (et je ne remercie pas ceux qui font croire que l’avortement est un péché), parce qu’une maman peut faire une dépression post-partum qui passera inaperçue et qui la fera rejeter son enfant (la faute aux hormones), parce que l’enfant peut être différent de celui qu’on attendait et que ce n’est facile d’apprendre à aimer un enfant différent de celui de notre imagination…

Il peut exister milles raisons.

Aussi je ne juge jamais un parent qui n’aime pas son enfant. Je l’écoute et je cherche à le comprendre.

Par contre, tous les enfants méritent d’être aimés. Et ceux qui me racontent leur mal-être ne seront pas plus jugés. Il faut qu’ils comprennent aussi les raisons qui font que leurs parents ne savent pas les aimer (et ce n’est généralement pas du tout de leur faute à eux, les enfants).

Et là je pense à une mère que j’ai croisée qui avait perdu un enfant avant de donner naissance à un 2ème. Je l’inclue souvent dans mes prières d’athée. A-t-elle su trouver la force en elle pour faire le deuil et ne pas faire porter à son 2ème bébé sa peur de le perdre ? Cette peur peut soit l’étouffer soit au contraire se manifester comme une extrême froideur pour se protéger elle, pour ne pas souffrir à nouveau si elle venait à perdre ce 2e enfant.

Va-t-elle mieux depuis qu’elle a croisé mon chemin et que j’ai osé l’interroger sur ce drame enterré en elle ? La lueur dans ses yeux et ses remerciements appuyés quand nous nous sommes quittés me disent que oui.

Et j’espère qu’elle est heureuse. Elle le mérite. Nous le méritons tous.

Alors oui, même si cela choque, je poserai toujours ces questions.

Pour votre Bien…

Amicalement,

Joy

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