Les niveaux de bêtises vus par un manager

Fleur décorative

Et quand je dis que le management, c’est comme l’éducation des enfants !… 😉

Discussion avec un manager.

Un membre de son équipe a fait une gaffe d’importance mineure. Le client a aussitôt appelé le manager pour comprendre. Ce dernier a rassuré le client. Problème résolu.

Sauf que l’auteur de la gaffe s’est inquiété pendant toute leur conversation au téléphone…

Le coup de fil fini, l’auteur vient s’excuser auprès du manager mais la gaffe est réellement sans importance. Le collaborateur quitte la pièce. Aussitôt, le manager se confie à moi : « Je ne comprends pas pourquoi il s’est inquiété autant… C’était vraiment une broutille ».

Je suis d’accord, entièrement d’accord, mais je lui explique que, si lui est un manager gentil et compréhensif, tous ne sont pas pareils et peut-être que ce collaborateur a eu des expériences malheureuses précédemment. Chat échaudé craint l’eau froide.

On ne sait pas ce qu’a vécu ce collaborateur. Il suffit d’un « chef tyran » pour détruire toute confiance en soi chez des adultes compétents et travailleurs.

Le manager insiste : « Mais… C’était vraiment mineur. Pourquoi s’énerver pour cela ? Cela ne sert à rien de s’énerver pour quelque chose de ce genre. Comment montrer ensuite qu’une autre chose est grave si un chef s’énerve pour une broutille ? C’est comme pour l’éducation des enfants. Il ne faut pas s’énerver autant quand il risque de s’électrocuter que quand il salit son pantalon… »

Sa remarque me fait sourire : nous sommes exactement sur la même longueur d’ondes. Les « bêtises » ont, selon moi, des niveaux. Et c’est à l’adulte (ou au manager en l’occurrence) d’en être conscient et d’en informer son auditoire.

Autant il est ridicule qu’un adulte gronde un enfant de la même façon quand il a risqué sa vie ou juste fait un peu trop de bruit, il est ridicule qu’un « chef » soit en permanence dans la recherche de conflits et le rappel à l’ordre. D’autant plus que là, on parle d’adultes. Normalement, un adulte sait quand il a fait une bêtise et souvent il en est le premier désolé.

Alors, pourquoi en rajouter agressivement ?

Il faudrait qu’il y ait plus de managers « intelligents émotionnellement » comme celui dont je parle. Mais qu’ils pardonnent la terreur qu’ils liront parfois dans les yeux de leurs collaborateurs : les managers compréhensifs sont rares, et il est fort probable que ceux rencontrés auparavant leur aient enseigné la crainte comme unique moyen de « motivation ».

A quand un monde professionnel plus humain (et donc plus efficace) ?

Amicalement,

Joy

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