Les étiquettes de l’enfance

Fleur décorative

J’ai donc fini le roman « Frangines », qui fait des allers-retours dans le temps entre l’enfance des protagonistes et le présent et me voici songeuse…

L’un des personnages souffrait d’un léger embonpoint étant petit et cette image lui est resté longtemps, bien qu’il soit plutôt devenu très mince. Du moins c’est ce que je comprends et sincèrement, je ne divulgue rien de l’intrigue en disant cela.

Mais ce qui m’intéresse ici, ce sont les étiquettes que nous allons donner ou recevoir, étiquettes collées depuis un certain laps de temps, peut-être même dès l’enfance, et qu’il sera difficile de nous enlever.

Ainsi tel petit garçon de primaire, parfaitement proportionné, que sa famille surnomme « Bouillou ».

« Mais pourquoi Bouillou ? » demandent les amis de la famille.

Et il suffit de jeter un oeil à une vieille photo du garçon bébé, joufflu au possible, pour comprendre. Ah oui, il avait une sacrée bouille… De grosses joues toutes rondes de bébé bien portant…

Mais aujourd’hui l’enfant est mince, voire maigre, mais son surnom est resté.

Parfois ces étiquettes sont anodines. Mais attention aux impressions négatives qui sont restées et qui peuvent faire mal.

« Qui ? Cette cousine ? Ah je ne l’aime pas celle-là ! Une fainéante incapable de réaliser quoique ce soit, débile au possible qui rate tous les examens scolaires » ai-je pu entendre au sujet d’une jeune femme brillante, vive, que je qualifie au fond de moi de « solaire ».

Entendre critiquer une personne que j’aime beaucoup m’a heurtée, mais ce sont les mots de l’autre, pas les miens, et je respecte les opinions de chacun, même si elles sont loin de la vérité telle que je l’entends.

« Pourquoi tu dis ça ? » ai-je juste demandé.

Et la réponse m’a permise de comprendre que mon interlocuteur était resté sur des étiquettes datant de l’enfance.

Il est parfois difficile de les décoller ces étiquettes, telle femme restera à jamais aux yeux des autres la paresseuse qu’elle était petite, telle homme le peureux qu’il était à 6 ans…

Heureusement, si le regard des autres, bloqué dans le passé, vous gêne tant, vous n’êtes pas obligés de continuer à fréquenter ces personnes. Par contre il est important de corriger votre regard sur vous-mêmes. Êtes-vous réellement, aujourd’hui, tel qu’on vous défini ?

Dans « La dernière bagnarde » (livre de Bernadette Pécassou-Camebrac), l’héroïne, jeune femme de chambre, est envoyée au bagne parce qu’autrefois elle s’est rendu coupable de quelques larcins. « Mais c’était avant, j’ai changé ! » se défend-elle. En vain.

Cette injustice m’émeut. La dernière bagnarde n’a pas eu le choix et fut emmenée de force.

Mais nous, méritons-nous le bagne pour ces étiquettes du passé ?

N’est-il pas temps de nous les décoller du front ?

Au moins à nos propres yeux ?

Amicalement,

Joy

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