Le respect de l’autre


Respecter autrui.
Vaste programme.
Plusieurs éléments me viennent aussitôt à l’esprit. Peut-on respecter réellement autrui si on ne se respecte pas soi ? Les personnes qui scandent le mot « respect » le plus souvent ne sont-elles pas celles qui l’appliquent le moins ?
Ma vision sur ce point est simple : pour être heureux, il faut commencer par se respecter soi. Mais pour être heureux durablement, il faut aussi respecter les autres, leur identité et leur point de vue. Leurs avis, si probablement différents des miens. Et pour cela il faut écouter. L’écoute active demeure à mes yeux quelque chose d’essentiel.
J’entre rarement (jamais ?) en conflit. J’essaie de comprendre. Comprendre ce que l’Autre veut dire réellement, comprendre ses mots mais aussi comprendre son langage corporel, ce qu’il me dit et ce qu’il me cache.
Bon, évidemment, c’est plus simple avec les personnes qui sont ouvertes et qui ne cachent rien. Mais, de façon amusante, je m’aperçois que la franchise étonne parfois tellement qu’elle déstabilise parfois encore plus. J’y reviendrais une autre fois…
Concernant le respect, il est donc essentiel. « Ne pas faire à autrui ce qu’on ne voudrait pas qu’on nous fasse à soi ». Tellement vrai…
A ce sujet, une anecdote amusante dont j’ai été la victime. Voici le contexte : séjour à plusieurs sous le même toit. L’un des habitants me propose de rajouter du linge à la machine qu’il lance. Sachant que j’aurais proposé la même chose si c’était moi qui avait lancé la machine, j’accepte volontiers. Je donne donc le peu que j’ai à laver, à savoir un superbe soutien-gorge noir, très coûteux et « rare » dans ma garde-robe.
La machine finie, corvée d’étendage. Évidemment, je me précipite. Hors de question d’abuser et de laisser cette personne étendre mon linge. Cela s’appelle du respect. Autrui n’est pas mon esclave.
Mais… Et là ça devient (après coup) amusant : mon soutien-gorge ressort… Comment dire ? Un peu souillé, avec des peluches grises qui se sont incrustés dans les fibres… J’interroge : mais, qu’a-t-on lavé dans cette machine ?
Devinez-vous ?… Donnez-vous votre langue au chat ? Sincèrement, moi je n’aurais jamais deviné…
Une serpillère…
Oui, une serpillère. Une vieille serpillère grise et moche, toute mitée, pelucheuse à souhait.
Plutôt étonnée, j’ai demandé : « Fais-tu souvent des machines en mélangeant les habits et les serpillères? »
Hé bien non, c’était la première fois.
J’ai insisté : « Mais toi, mise à part la serpillère, qu’as-tu ajouté dans la machine à laver ? »
Hé bien rien. Rien du tout. Cette personne n’avait rien d’autre à laver. Elle a donc gentiment proposé de laver mon linge, sachant qu’elle ignorait comment du linge personnel sortirait d’une machine mêlé à une serpillère sale…
Méchanceté ? Sottise ? Ignorance ? Je ne sais pas.
Mais je pense réellement qu’il n’y avait surtout pas de respect.
Se sent-on heureux quand on agit ainsi ?
Je ne le crois pas.
Quant à moi, la stupeur passée, j’ai nettoyé comme j’ai pu mon pauvre soutien-gorge et je préfère rire de cette mésaventure…
…et continuer à respecter Autrui au maximum.
Amicalement,
Joy

