Des machines à juger…

Je reprends la lecture de « L’art de ne pas rendre sa vie amère », de Rafael Santandreu, pour vous distiller peu à peu les grandes idées de ce livre que je vous encourage à lire.
Postulat de base : nous sommes de véritables machines à juger.
En effet, l’auteur précise que « nous évaluons tout ce qui nous arrive. » Et il ajoute : « Nous évaluons de manière tellement constante qu’en pratique nous ne nous rendons plus compte que nous évaluons. C’est comme respirer. »
Et en effet, maintenant qu’il me le dit, je m’aperçois que c’est vrai. Le flot de pensée qui se déverse sans arrêt en moi ne s’arrête pas d’évaluer, de juger ce que je ressens, ce qui m’arrive.
« Je suis en pleine lumière, c’est agréable. Je n’ai ni trop chaud ni trop froid, c ‘est parfait. Mon poignet droit commence à me faire mal. Il me reste un peu du goût du café au lait sur la langue, c’est rigolo. »
Toujours. Nous sommes sans arrêt en train d’évaluer ce qui nous arrive. Sans discontinuer.
Et évidemment, nous cherchons à savoir si ce qui se passe est positif ou négatif pour nous. Rafael Santandreu trace une ligne horinzontale graduée et indique les graduations suivantes :
- Génial
- Très bien
- Bien
- Normal
- Mauvais
- Très mauvais
- Terrible
Et l’auteur explique que normalement, nous allons juger ce qui nous arrive sur cette échelle, avec éventuellement des degrés plus fins. « C’est un peu mieux que bien, c’est assez bien » par exemple.
Imaginons maintenant une personne habituée à tout voir en noir. Le moindre événement apparaîtra comme « terrible ». Et pourtant ce n’est probablement pas l’événement qui sera terrible mais notre perception qui nous amènera à penser que c’est terrible. Et dans cette catégorie, certains sont plus doués que d’autres pour tout voir en noir. 😉
Rafael Santandreu donne le terme de « terribilitis » à cette affection. 😉
Les personnes atteintes de « terribilis » jugent tout « terrible » (dans le sens négatif) :
- Le soleil se cache ? C’est terrible !…
- Le chef n’a pas répondu à mon sourire ce matin ? C’est terrible !…
- J’ai oublié la tarte dans le four et elle a un peu brûlé ? C’est terrible !…
- Mes cheveux sont blonds / bruns / roux / violets ? C’est terrible !…
- Mon partenaire a oublié d’acheter du lait ? C’est terrible !…
- Etc.
Et Rafael Santandreu insiste : la terribilitis est la base de tous les maux et de tous les soucis d’ordre psychologique.
Et nous sommes tous atteints plus ou moins par cette maladie. 😉
Et comme toujours, pour guérir, je vous propose tout d’abord de vous en rendre compte. Avec cette théorie en tête, seriez-vous capable dans la semaine qui vient de repérer vos « attaques de terribilitis » ?
Juste les repérer pour commencer. 😉
Dans les articles suivants, on verra comment soigner ce maux « terrible ». (rires)
Amicalement,
Joy

