De l’upcycling à l’IA

On m’a donné un vieux drap et je décide d’utiliser une partie de ce tissu pour fabriquer un sac à pain et un sac à baguette, de forme plus allongée.
Me voici face à ma machine à coudre et en surfilant les bords, je me dis que si je voulais bien faire, il faudrait que je découpe proprement avec des ciseaux pour ne pas garder trop de tissu, pour que ce soit moins lourd, et aussi pour que ce soit plus beau. Mais voilà, je suis en vacances et ce n’est pas mon métier, juste un loisir. Donc j’ai la flemme et je sais que je ne le ferai pas. Je ne suis même pas sûre de prendre le temps de couper les fils d’arrêts un peu partout… Je me connais. Autant je fais les choses correctement quand ça compte, autant j’aime me laisser porter par les vagues quand je n’ai pas d’impératif.
Et franchement, un sac à pain upcyclé destiné à mon usage personnel… Pas la peine de me prendre la tête.
C’est important aussi d’apprendre à lâcher prise…
Surtout que le but ici est d’épargner la consommation de sachets en plastique quand je vais chez mon boulanger, donc de faire une petite part de colibri dans la préservation de notre jolie planète, tout en réutilisant du tissu. (Note : si vous voulez faire des sacs à pains en achetant du tissu neuf, ce n’est pas forcément mieux pour la planète… Le tissu consommant énormément d’eau pour sa production, mais je crois que tout le monde est au courant…)
Bref, me voilà plongée dans une activité manuelle, laissant mes pensées vagabonder, et je me dis que dans un vrai milieu de couture professionnelle, ce sont sûrement les plus jeunes qui font ce genre de finitions que moi je ne ferai pas : couper les fils et les bords inutiles.
Et par parallèle, je pense aussitôt aux « juniors » d’autres professions : les avocats, les programmeurs informatiques par exemple. Eux aussi étaient chargés naturellement de tâches plus ingrates au début, puis, au fur et à mesure de leur progrès, on leur confiait des tâches plus « nobles »… Mais ils avaient appris la base.
Aujourd’hui, nombre de sociétés décident de se passer de cette population (qu’il faut payer) pour forcer leurs « seniors » à utiliser l’IA, l’Intelligence Artificielle, à la place.
Je ne suis pas sûre que les seniors y gagnent, même si c’est certains que certains juniors sont tellement pénibles dans leur comportement qu’une machine serait moins insolente. Mais ce qui est sûr, c’est que les juniors y perdent puisqu’ils restent sur le carreau et trouveront de moins en moins d’emploi.
Mais ce qui m’intéresse dans ma réflexion c’est ensuite : que ce passera-t-il dans les seniors auront l’âge de se retirer ? Se retirer du monde du travail ? Partir à la retraite, voire mourir pour certains d’entre eux. Car statistiquement c’est automatique, plus on vieillit plus on a de chance de mourir…
Il n’y aura pas eu de renouvellement des générations puisque les juniors auront été laissés délibérément sur le carreau…
Intéressante réflexion… Mais bon, cessons de rêvasser, j’ai de la couture à finir. Et un petit loisir manuel sans enjeu comme celui-là c’est autant de bonheur gagné.
On aura bien le temps de voir à quoi ressemble l’avenir plus tard. 😊
Amicalement,
Joy
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