« Vous les femmes »

Les petits garçons de mon entourage grandissent et en les regardant se rengorger d’avoir reçu leur première « carte de St Valentin » d’une admiratrice anonyme, je m’interroge : sauront-ils séduire les jeunes filles puis les jeunes femmes qui leur plaisent une fois adolescents/adultes ? Auront-ils cette délicatesse, cette sorte de pouvoir de savoir agir comme il le faut au moment où il le faut pour s’ouvrir tous les cœurs ? Auront-ils naturellement cette délicatesse qui leur feront deviner d’instinct quand parler et quand se taire ? Quand agir et quand ne surtout rien faire ?
La loi de la séduction, je l’ai déjà donnée ici : « Fuis et je te suis, Suis-moi et je te fuis ».
Pour que deux personnes se rencontrent, il faut un subtil dosage de fuite et de (mini-)harcèlement.
Le mot magique ici est « subtil ».
Autrement dit, est-ce que ces enfants d’aujourd’hui sauront devenir des adolescents, des hommes « subtils » en amour ?
Sauront-ils observer patiemment leur aimée pour réussir à lui offrir « le » cadeau qui lui plaira plutôt que de lui offrir un objet commun accompagné d’un grossier « Je t’ai offert une rose parce que vous les femmes vous aimez les roses » ?
A combien de jeunes hommes ai-je tourné le dos définitivement parce que, sans aucune finesse, ils m’avaient associée à la catégorie des « femmes », souvent en insistant, comme si je l’ignorais que j’en étais une, en précisant « vous les femmes ».
Sous-entendu : « ce groupe à part », « ces personnes bizarres que je n’arrive pas à comprendre »…
Celui qui débarque avec ses grands sabots et qui assène du « vous les femmes » a déjà tout faux. Il peut remballer ses clics et ses claques et rentrer chez lui. Car la séduction, au contraire, c’est l’art de démontrer à celle qu’on aime qu’elle est unique à nos yeux, que parmi toutes les femmes de la Terre, nous ne voyons qu’elle.
Alors arriver d’emblée en la plaçant dans le troupeau indistinct de son genre (« vous les femmes »), c’est démontrer tout l’inverse, c’est reconnaître qu’on n’a pas fait particulièrement à elle, mais bien juste que, comme un chasseur repère dans un troupeau de zèbres le plus fragile, on s’est contenté de l’approcher car on pense qu’elle est plus fragile que les autres et qu’on arrivera plus à obtenir d’elle ce qu’on souhaiterait obtenir de n’importe laquelle des autres. (Cf. la superbe chanson « Leïla et les chasseurs » de Francis Cabrel)
Et puis, placer notre aimée dans un groupe, c’est faire preuve de préjugés et donc de jugements souvent bêtes. Qui apprécie d’être l’objet de préjugé ? « Vous les Français », « Vous les Normands », « Vous les Noirs/Blancs/Jaunes/Bleus », « Vous les grands/obèses/maigrichons/poilus/sportifs/informaticiens »… Même si vous êtes fiers d’être Français/Normands/Bleus/poilus, cette dénomination est péjorative, car elle pose votre interlocuteur comme étranger à vous. C’est comme s’il dessinait un trait sur le sol pour vous séparer les uns des autres.
Or, en amour, c’est l’inverse. Le but est de dessiner un trait sur le sol… pour vous englober tous deux dans le même cercle.
Pour cela, exit le « Vous les femmes » ! 😉
Au contraire, observez-la et exprimez-lui combien à vos yeux elle est unique !…
PS : J’ai parlé de « femme » car majoritairement les hommes préfèrent les femmes, mais c’est le même principe pour un homme qui aime un homme. A lui de faire comprendre que son aimé est unique à ses yeux…
Amicalement,
Joy
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