Un Café français

Fleur décorative

Ce matin il fait froid. Vraiment froid. M’étant promenée dehors depuis une bonne heure, je suis frigorifiée. Je sais que je vais bientôt être au chaud car j’ai un rendez-vous avec quelqu’un dans un bureau, mais il me reste presqu’une demi-heure à attendre et j’ai froid.

Je n’ai pas particulièrement soif, mais l’idée de me réchauffer les mains sur une tasse brûlante me plaît… Et si j’entrais dans un café ?

J’hésite. Je suis en période de vaches maigres et je dois faire des économies.

D’un autre côté, j’ai quand même l’argent pour me payer une boisson chaude et il fait vraiment très froid…

La France étant pourvue côté Café, j’ai le choix. J’hésite mais je choisis finalement le troquet le plus près de mon rendez-vous. Il offre une grande salle vitrée très lumineuse qui m’attire comme un papillon la lumière.

C’est décidé, je rentre.

Il y a quelques personnes. Je salue d’un « Bonjour » mais on me répond à peine. Une majorité d’hommes, comme souvent. C’est peut-être une illusion mais l’accueil est glacial.

Et moi qui venait pour me réchauffer, c’est bien ma veine. 😉

Je plaisante, il fait plus chaud dans le café que dehors, mais il est vrai que le personnel n’est pas très sympathique.

Première déception : la salle vitrée lumineuse qui me plaisait tant… est réservée pour les fumeurs. Évidemment, en tant que non-fumeuse je pourrais y aller, mais c’est m’exposer à la fumée toxique d’éventuels clients fumeurs qui viendraient s’y assoir juste après que je m’y installe… Et malheureusement, les fumeurs ne me dérangent pas tant par leur puanteur (dont ils ne se rendent pas compte) mais surtout parce que je suis bien consciente de la toxicité de la fumée à laquelle ils m’exposent…

Aussi, à contrecœur, je décide de m’assoir dans la salle principale, moins lumineuse mais bon…

Je m’assois à une table pour deux. Étant blessée au pied, je déplace légèrement la chaise face à moi pour pouvoir y poser ma jambe sur le côté. Je précise : seul le mollet touche la chaise, certainement pas la chaussure, ce qui serait très impoli. Mais j’ai la jambe surélevée et cela soulage mon pied.

L’un des serveurs nettoie les tables près de la mienne ; arrivé près de moi il me fait une remarque acide « Les pieds sur les chaises, non, Madame ! »

J’enlève aussitôt ma jambe en lui tentant de lui expliquer : mon pied n’était pas sur la chaise, je ne me serais pas permise, mais j’ai mal et surélever la jambe me soulage. Mais il ne m’écoute même pas et me coupe : « Mais quand même ! » et s’occupe déjà ailleurs.

Cette mini-échauffourée me perturbe. Je me sens encore plus mal à l’aise, encore plus rejetée dans ce Café.

J’ai terriblement envie de me lever et de partir. Mais je n’ose pas. Et j’ai froid, tellement froid… Alors je reste, essayant d’oublier les tensions avec ce serveur. Mais très vite je l’entends se quereller avec un autre homme. Visiblement il cherche des noises à tout le monde.

Même si la tasse brûlante me réchauffe un peu les mains, la boisson est quelconque et ne vaut certainement pas le prix, l’ambiance est exécrable, et je songe à mes amis étrangers qui n’osent pas mettre un pied dans un Café en France… Cela me fend le coeur mais ô combien je les comprends…

L’heure de mon rendez-vous approche, j’ai déjà réglé la boisson, je pars en emmenant petit gâteau, bâtonnet de sucre et sans laisser un centime de pourboire. J’ai bien conscience de faire ma radine, mais je préfère donner gâteau et sucre à un mendiant dans la rue, au moins j’aurais la sensation de ne pas avoir à regretter totalement l’argent de la boisson chaude…

En sortant, je décide de repérer l’endroit, pour ne plus jamais y retourner.

C’est bien dommage, car j’adore les Cafés qui font partir du folklore de la France. Mais entrer dans un Café devrait rester un plaisir. Les rues françaises avec leurs Cafés ont un charme fou, mais si y pénétrer nous renvoie à un univers machiste, râleur et pas accueillant, quel est l’intérêt ?

Moi qui essaie de lutter contre les « chaînes » pour préserver le côté à la fois traditionnel et également particulier de chaque Café, je me sens déçue.

Encore un établissement qui ne comprend pas que pour que les client(e)s reviennent, il faut qu’ils se sentent bien.

Et, comme dirait Haroun, ce Café-là, il ne m’a pas mis des « papillons dans les yeux »… 😉

Amicalement,

Joy

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