Rentrée scolaire : anxiété parentale

Fleur décorative

Début septembre dans mon pays c’est la rentrée des écoliers.

« Bonne rentrée ! » peut-on entendre s’exclamer les uns les autres.

La rentrée scolaire, cela signifie changer de niveau, de classe peut-être, d’école peut-être aussi. Et parfois de copains et de copines…

Donc, comme tout changement, c’est source de stress pour les enfants.

Évidemment, cela dépendra du niveau des changements. Un petit de 10 ans dans une école de campagne qui changera de niveau mais qui restera dans la même salle de classe avec les mêmes élèves, le même enseignant, le même décor… ce ne sera pas vraiment un changement.

Mais l’enfant qui a déménagé, qui a changé de lieu, d’établissement, voire de pays et de langue, là, oui, ce sera un immense changement.

« Mais les enfants s’habituent vite ! » me dit-on parfois…

Certes.

Peut-être.

Étrangement ce sont souvent des adultes qui n’ont jamais été confrontés à cette situation qui me chantent cette chanson-là.

Mais soit. Admettons. Admettons que « les enfants s’habituent vite ».

Restent leurs parents.

Car oui, la rentrée scolaire, c’est aussi de l’anxiété pour les parents.

Beaucoup d’anxiété.

Une anxiété que ceux qui n’ont pas d’enfants ne peuvent pas vraiment comprendre.

« Qu’est-ce que tu crains ? Que Pitchounette ne soit pas avec ses copines ? »

Non. Enfin oui, aussi, parce que mener à l’école tous les matins son enfant en pleurs ne doit pas être agréable.

Mais aussi, plus égoïstement, les parents craignent le reste. Toute la charge de travail qui leur incombe.

Et je dis « parents » car je connais des pères extraordinaires qui s’impliquent réellement dans la scolarité de leurs enfants, mais reconnaissons aussi que souvent « les parents », ce sont les mères extraordinaires du quotidien.

Bref. C’est quoi donc, cette charge de travail des parents ?

Déjà le rythme scolaire. Se lever le matin tôt, pour préparer son enfant ou ses enfants avant le départ à l’école. Et dans les campagnes où passe le bus de ramassage scolaire, cela peut être très tôt, ce genre de réveil. Et puis tout préparer dans la journée : aller le chercher pour manger le midi s’il n’y a pas de cantine, avoir préparé le repas, débarrasser, faire la vaisselle, le ramener à l’école. Et le récupérer le soir. A l’heure.

Ce qui est loin d’être évident quand un imprévu au travail nous retient, ou quand on prend les transports en commun dans les grandes villes.

Mais cela, ce sera tous les jours d’école.

La rentrée rajoute sa charge de travail bien à elle : les réunions avec les professeurs. Comment se libérer du travail pour arriver à l’heure ? Comprendre le système de cahiers, de points, de bonus, d’affaires de sport de musique de piscine à ne pas oublier ? Et les inscriptions à la cantine, au centre de loisirs, aux éventuels cours ou loisirs supplémentaires le soir ou les week-ends.

Et ces réunions, comment faire quand vous avez plusieurs enfants et que la réunion de CE2 a lieu le même soir que celle de votre enfant en 5e ?

Et puis les fournitures scolaires… « Mais comment ça ? Tu n’as pas reçu la liste à l’avance ? Les écoles la fournissent fin juin ».

Oui. Mais avec la mention « Chaque professeur complètera la liste à la rentrée »…

Et le mardi quand vous sortez de votre travail harassé(e), vous avez un enfant qui vous réclame un « cahier rouge » car le professeur a décidé que le vert que vous aviez choisi ne convient pas pour le cours d’anglais. Et un autre enfant explique qu’un professeur a rajouté « pour demain » une fourniture spécifique que, bien entendu, vous n’avez pas dans votre stock…

Car, comme tous les parents (si vous pouvez vous le permettre financièrement), vous anticipez et faîtes des stocks : de feuilles, de cahiers, de crayons…

Car les parents anticipent, rassurent, consolent, organisent, jonglent avec les plannings, développement des stratégies pour tenir tous les délais…

Les parents sont des supers-managers.

Mais les parents ne sont pas reconnus tels.

Et ils se feront saquer au travail (surtout les femmes)…

Et quand, rongés par l’anxiété d’anticiper la rentrée qui se profile, ils s’en ouvriront à un ami (sans enfant), ils s’entendront dire « Pourquoi tu stresses ? C’est pas toi qui fais ta rentrée, c’est ta gamine ! »

Et comme les parents sont de véritables héros, ils garderont pour eux leurs réflexions et changeront de sujet…

Amicalement,

Joy

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