Oser se lancer

J’ai des renseignements à demander au réceptionniste de cet hôtel à l’étranger. Je ne parle pas très bien sa langue. Je pourrais dialoguer en anglais, langue universelle, mais je souhaite mettre en pratique cet idiome que j’ai tenté d’apprendre seule. Je baragouine, je ne me sens pas à l’aise. Mais mon interlocuteur me comprend et me répond, et si je lui fais répéter un mot ou deux dont je ne suis pas sûre, dans l’ensemble nous réussissons à discuter. Mais peut-être est-ce parce que cette langue est si proche du français, ayant des racines communes ?
« Je n’ai rien compris à ce que tu as dit » assure mon cher et tendre, qui ne parle pas un mot de cet idiome-là.
Je souris et je le remercie, me souvenant de tous ces moments passés à essayer d’apprendre du vocabulaire, de comprendre la logique de la grammaire et de la conjugaison de cette langue étrangère…
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Je prépare le dîner : chorba végétarienne, carrot cake avec son glaçage au chocolat blanc, cookies pour la semaine… Ouh là là, le glaçage du gâteau, ce n’est pas mon fort… Mais…
Mais j’espère bien croiser la route de quelqu’un qui m’enseignera…
Et j’ai déjà de quoi me réjouir : il y a des années de cela, je n’aurais pas été capable de cuisiner sans même y penser autant de plats délicieux sans douter de moi. J’aurais eu peur de gâcher la nourriture, de décevoir mon entourage, de ne pas être à la hauteur… Maintenant j’ai apprivoisé la cuisine, et sans dire que je suis un « chef » dont s’abreuvent les multiples émissions de télévision spécialisées, je sais me débrouiller sans crainte. Donc non, je ne suis pas l’experte des glaçages. Les miens ne ressemblent à rien et je pourrais probablement prendre le temps de regarder des vidéos qui expliquent comment faire sur Internet, mais ce n’est pas ma priorité et je suis déjà fière de mes talents culinaires et de mes progrès dans ce domaine…
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Je regarde le modèle (un tableau que j’aime beaucoup et que j’ai acheté) et ma main tremble. Et si je repoussais à un autre jour ? J’ai tout installé devant moi : toile, tubes de peinture, palettes, gobelets, pinceaux et couteaux à peinture. Non, je ne peux pas repousser. Il faut que je me lance…
Mais j’ai peur…
Et si je me ratais ? Et si je faisais un gros gribouillis infâme ?…
Et alors ? Ce n’est pas grave. J’aurais tenté. Ce ne serait pas la première fois que je peindrai sur une toile pour la refaire. Je dois essayer.
J’appuie sur le tube et dépose la couleur directement sur la toile : plus de retour en arrière, faut que je me lance…
Ai-je réussi ? Ai-je raté ?… Cela importe peu. Ce qui importe c’est que j’ai vaincu ma peur de rater et que j’ai osé.
Et j’ai osé parce que j’avais autrefois entrepris d’autres choses que j’ai réussi peu à peu. Et ma confiance sur ce sujet nouveau s’appuie sur mes réussites sur d’autres thèmes.
Il faut se lancer. Il faut oser se lancer.
Et tant pis si on rate. Tant pis si on ne fait pas aussi bien qu’on avait voulu. Il faut essayer, encore et encore.
Pour être fier de soi… et être heureux.
Amicalement,
Joy
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