La vie est belle

Rana Ahmad et moi avons en commun d’aimer ce parfum de Lancôme aux notes florales et au titre évocateur : « La vie est belle ».
Pourtant, Rana, dont j’ai lu le livre « Ici les femmes ne rêvent pas » avec un immense intérêt, ne me ressemblait pas forcément à la base. Elle est née Saoudienne, je suis née Française.
Dans son pays de naissance, l’Arabie Saoudite, les femmes n’ont aucun droit. Elles ne choisissent rien, ne se déplacent jamais sans être accompagnées d’un mari, d’un frère ou de leur père, sont couvertes par un triple voile noir qui les cachent aux regards (mais également entravent leur vision, leurs mouvements et les font suer de chaud), elles n’ont le droit de ne rien faire sans que leur famille ou leur mari ne leur en accorde le droit.
Moi je suis née en France, dans un pays de droit où des lois me protègent, y compris contre ma propre famille s’il l’avait fallu. Une femme n’a pas à être violentée, molestée, agressée sexuellement parce qu’elle est une femme. Elle a le droit de se défendre, d’être protégée.
La protection, certains me le rétorqueront, n’est hélas pas toujours parfaite, mais pas plus tard que la semaine dernière un homme récidiviste qui agressait sa conjointe a été tué par les policiers qui protégeaient la femme et qu’il menaçait. C’est triste pour lui mais j’en suis heureuse. Son ex-conjointe dormira sur ses deux oreilles et j’applaudis la Police Française dans ce genre de situation.
Moi, dans mon pays, j’ai un prénom qu’on utilise. Je ne suis pas « la fille de », « la mère de », « la soeur » d’un homme. Je suis moi. Et j’ai le droit d’être moi. J’ai le droit de choisir, de faire des études, de marcher dans la rue. Le jour, la nuit, de faire du vélo, d’aller à la piscine, à la discothèque, de manger de la viande (ou pas), de boire de l’alcool (ou pas), de voyager seule, d’aller me promener avec des amis hommes et d’aller au restaurant avec eux sans qu’une réelle amitié nous lie et rien de plus. Je suis libre.
Libre et heureuse de l’être.
Grâce à Rana, je prends encore plus conscience de la chance que j’ai de n’avoir jamais été contrainte à me cacher sous des voiles. Je peux marcher dans la rue avec ou sans maquillage sans me préoccuper du regard des autres.
Je suis une femme libre et je suis heureuse de l’être.
Et j’espère sincèrement que Rana est devenue elle aussi libre et heureuse de l’être.
Merci Rana pour ce merveilleux témoignage. 😊
Amicalement,
Joy
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