« Je veux rester indépendant »

Fleur décorative

Conversation anodine avec mon interlocuteur. Un homme, bien sous tout rapport, qui approche de la quarantaine et qui dès la première présentation se définit comme « Célibataire et sans enfants malgré son âge ». Et sans qu’on lui demande quoique ce soit, il a déjà pris le pli de se justifier sous couvert d’un « Je veux rester indépendant ».

Bien.

C’est un choix.

Même si la norme sociale est effectivement de vivre en couple et de procréer pour prolonger l’espèce humaine, ce n’est qu’une norme et chacun est libre de faire ce qui lui plaît. D’ailleurs sincèrement, est-ce que prolonger l’espèce humaine est réellement un bon choix ?… 😉

Bref, ne pas être en couple et ne pas avoir d’enfants à un certain âge ne me choque pas. Dans les grandes villes, c’est même la majorité.

Mais croire en notre réelle indépendance, cela c’est un leurre. 😉

Longtemps j’ai réagi comme cet homme. Par peur d’être blessée, je me préférais seule et ne comptant que sur moi. Mais un livre du Dalaï-Lama m’a ouvert les yeux. Qui est réellement indépendant ? Seul l’exilé seul sur son île déserte peut se définir ainsi. Nous, tous les autres, nous ne sommes pas indépendants. Au contraire, nous sommes tous étroitement dépendants les uns des autres, même si nous n’en avons pas conscience, même si nous l’ignorons.

L’ordinateur sur lequel je tape en ce moment par exemple. Qui l’a conçu ? D’autres. Et qui l’a imaginé ? Qui a fabriqué chacun des matériaux utilisés ? D’autres encore ? Et ces personnes-là, qui les a nourrit ? Qui a cultivé les ingrédients que nous mangeons ? Ce n’est pas les 3 tomates-cerises que je fais pousser sur le rebord de ma fenêtre qui vont me nourrir ! (rires)

Que nous le voulions ou non, nous sommes dépendants les uns des autres. 😉

Mais en discutant plus longuement avec cet homme, ce n’est pas l’indépendance qui l’intéressait particulièrement, c’est le manque de confiance en sa partenaire éventuelle. Je dis « sa » partenaire car il a précisé ne pas être intéressé par l’homosexualité, bien que respectueux de ce choix-là. Tolérance que je souligne car cet homme est étranger et que dans son pays, l’homosexualité est encore (hélas) montrée du doigt.

Et selon ses dires, dans son pays la case « mariage » est incontournable pour pouvoir vivre en couple avec quelqu’un. Or, me disait-il, les partenaires changent au lendemain de leur mariage. Tu penses épouser une personne et c’est une autre personnalité qui se dévoile au quotidien.

Et cela c’est un problème. Là je le comprends plus.

Le souci est le manque d’authenticité des partenaires éventuelles. Mais ce manque d’authenticité provient de ce qu’on leur inculque. Tant que les femmes penseront que pour séduire un homme elles se doivent de travestir leur personnalité (et de se cacher sous du maquillage), elles limiteront la confiance de ses derniers en leur honnêteté. Cessons d’éduquer nos filles comme des poupées qui disent « oui ». Qu’elles apprennent à être elles-mêmes, à montrer leurs travers, leurs passions et leurs joies sans crainte d’un rejet.

Nous ne serons jamais aimé(s) de tout le monde. Comme nous n’aimons pas tout le monde non plus. Mais être soi-même nous permet de rencontrer les personnes qui nous aimeront réellement nous, pour ce que nous sommes.

Et c’est tellement mieux !

En attendant, je souhaite à cet homme qu’il rencontre une personne authentique et qui lui corresponde…

Amicalement,

Joy

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