Fichez-leur la paix !

Fleur décorative

Mon amie est mère.

Son enfant, comme tant d’autres, a vu sa scolarité perturbée lors des différents confinements et des absences répétées à cause du covid. A un moment il était cas contact (et à l’époque il fallait rester chez soi), puis il ne l’était plus mais il avait le covid (même si le concernant il était en pleine forme) et donc il restait chez lui, et puis ensuite c’était la maîtresse…

Bref, comme de très nombreux enfants, il a raté plusieurs semaines d’école.

A un moment charnière qu’est le CP. (Pour les non-Français parmi mes lecteurs, c’est l’année des 6 ans où les enfants apprennent à lire et à écrire).

L’enseignante, confrontée à des classes surpeuplées et probablement mal formée faute de moyens financiers, n’a pas su gérer et voici qu’elle « s’inquiète » devant les difficultés de l’élève et conseille aux parents de consulter…

Tout d’abord un ophtalmologue, puis un orthopstiste, puis un orthophoniste, puis les parents doivent aller consulter au « CMP » (Centre Médico-Pédiatrique) où là un docteur jette les yeux 5 secondes sur leur enfant et déclare qu’il est TDAH et qu’il faut le médicamenter…

Très bien. Soit. Un diagnostic de 5 secondes paraît un peu surprenant mais les parents sont novices dans ce monde-là et si le corps enseignant et médical le disent…

Et voilà donc l’enfant médicamenté…

Mais avant le premier comprimé avalé, les parents, qui avec beaucoup d’esprit pratique se sont dit que peut-être il fallait tout simplement rattraper le retard eux-mêmes (puisque l’école se plaint de l’inaptitude de l’enfant mais refuse de le faire redoubler), ont fait étudier leurs enfants eux-mêmes. Et l’enfant sait lire. D’un coup. Le mécanisme de compréhension de la lecture s’est débloqué.

Avant d’avaler un médicament quelconque.

Averti, le docteur fronce un sourcil. Et trouve une parade : « Oui, l’enfant peut le faire, mais à quel prix ? Il souffre de tous ses efforts, les médicaments l’aideront à apprendre plus vite et mieux ! »

Alors les parents donnent le fameux médicament…

…et malgré les différents dosages, l’enfant devient un zombie au fil des mois.

Et un squelette car il n’a plus faim.

Mais le docteur persiste. Il veut absolument donner ce type de médicaments.

Puis, en voyant le poids sur la balance, finit par accepter d’arrêter pendant les mois d’été. Mais les parents, retrouvant soudain un enfant gai et joyeux, refusent à la rentrée de lui redonner cette prescription.

Alors le docteur se fâche et fait la tête.

Et les parents commencent à enquêter autour d’eux…

…et découvrent que dans cette école des beaux quartiers, 20% des élèves ont été envoyés au CMP et ont été jugés (en quelques secondes) TDAH. La moyenne nationale étant à 6%, cela fait beaucoup…

L’histoire malheureusement ne s’arrête pas là. Et mon amie me parle régulièrement des réunions avec l’école, qu’elle appelle des « procès », où l’équipe pédagogique se réunit et crache sur son enfant pendant une heure sans qu’elle ait le droit d’ouvrir la bouche.

Elle me parle aussi de son enfant qui a, depuis, totalement perdu confiance en lui et se dévalorise continuellement, lui qui incarnait autrefois la joie de vivre.

Je me mets à sa place : tout petit, obligé d’être confronté à tout un tas d’adultes qui vont l’ausculter, le psychanalyser… Il y a des adultes, je le sais, qui adorent cela et dont c’est la drogue. Mais un enfant préfère jouer avec ses jeux plutôt que de courir les soirs de spécialiste en spécialiste.

Toute cette histoire m’attriste car le cas de cet enfant n’est pas unique.

Et j’ignore si cette mafia s’est organisée ici car ce sont les beaux quartiers et que ces adultes-là veulent plus qu’ailleurs que les enfants rentrent dans des cases ou parce qu’ils savent que les parents auront l’argent pour financer tous ces spécialistes de santé.

Je ne pense pas qu’on enquiquine autant les enfants des autres quartiers sur ces sujets (du moins je l’espère).

Mais quoiqu’il en soit, les enfants ont besoin de soutien, pas qu’on les enfonce.

L’histoire de Pygmalion est instructive et les enseignants doivent la connaître. Quel image renvoyez-vous à un enfant que vous considérez comme handicapé ?

Aujourd’hui c’est Noël, dans mon pays c’est un jour où les enfants reçoivent des cadeaux.

Alors s’il vous plaît, offrez-leur le plus cadeau qu’il soit : pour ces enfants, fichez-leur la paix !

Amicalement,

Joy

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