Extrêmes et camps

Mes interlocuteurs sont âgés.
A la retraite.
Comme beaucoup de monde dans mon pays d’ailleurs.
Leurs journées oscillent entre rendez-vous médicaux et garde de leurs petits-enfants.
Je les apprécie mais, je ne me souviens plus exactement pourquoi, j’ai retenu contre eux une phrase un peu déviante à un moment ou un autre. Sûrement une rengaine glânée sur l’une des chaînes TV de désinformation trépidante qui attirent tous les petits vieux de France, un relent de racisme qui ne dit pas vraiment son nom. Je ne sais plus ce que c’était. Probablement un sempiternel « Je ne suis pas raciste mais je n’aime pas les étrangers » qui m’a fait, comme toujours, penser au sketch de Fernand Raynaud qui malgré les années reste malheureusement toujours d’actualité : « Les étrangers mangent le pain des Français… mais heureusement le seul étranger du village est parti. Depuis on ne mange plus de pain car c’était le boulanger… »
Bref, j’aime bien mes interlocuteurs mais je ne suis pas toujours fan de leur discours…
Ce jour-là, ils m’ont sciée.
La conversation, en pure politesse, portait sur l’un de leurs sujets préférés : ce n’était pas les rendez-vous médicaux cette fois, donc c’étaient les petits-enfants. L’un d’eux, germanophone, allait participer à un voyage scolaire en Allemagne.
Parfait, très bien…
Et il allait avec sa classe visiter un camp de concentration.
Ah. Et il a quel âge ?
14 ans ?
Ah, c’est un peu jeune mais c’est bien. Il faudra l’entourer car cela risque d’être un traumatisme, mais c’est intéressant. Chacun devrait visiter un camp de concentration dans sa vie.
Et c’est là que mes interlocuteurs me scient ; ils me répondent :
« Oui, ce sera dur mais c’est nécessaire. Car en visitant ce camp, normalement quand il en reviendra il comprendra qu’on ne peut pas voter aux extrêmes, sinon, c’est qu’il est vraiment débile ! Et dans ce cas, on ne pourrait plus rien faire pour lui… »
Ils m’ont sciée car je ne m’y attendais pas.
Bloquée comme je l’étais sur mon souvenir qu’ils avaient dit un truc qui m’avait dérangée, je ne m’attendais pas à ce qu’ils fassent un trait aussi direct entre l’Holocauste et ses horreurs et les extrêmes politiques (soit extrême droite, évidemment, mais aussi extrême gauche).
Et les connaissant totalement fous d’amour pour leurs petits-enfants, cela m’a scotchée également qu’ils puissent supposer que si leur petit-fils ne faisait pas le lien directement entre « Je vote à un extrême » et « Finalement je trouve que passer par une solution d’extermination pour supprimer ceux qui ne sont pas comme moi », c’est qu’il était débile…
Bref : j’ai explosé de rire… et revu mon jugement sur eux.
Peut-être que ma mémoire défaille et qu’ils avaient juste tenu le discours habituel des personnes âgées (« C’était mieux avant ») sans forcément y ajouter des relents racistes… 😊
Amicalement,
Joy
Si vous voulez lire d’autres articles sur des thèmes similaires, voici :
_Nous, Hitler, on s’en fout !
_
_Si j’avais été la mère d’Hitler
_
Bienvenue !… Vous êtes sur le blog “joy369”, blog dédié au bonheur, qui contient plus de 1100 articles sur ce thème.
Si cet article vous a plu, merci de laisser un commentaire amical. Vous pouvez aussi vous inscrire gratuitement au flux RSS pour ne pas rater les nouveaux articles ou encore taper “joy369” dans un moteur de recherche pour faire une pause dans la journée… 😉

