Deuil : les pelures d’oignon

Aujourd’hui, je vais parler du deuil, parce que je suis en plein dedans et parce que tout le monde sera touché un jour ou l’autre. Comme le bonheur, c’est un état universel…
Avec le deuil vient l’abattement, cet espèce de déni face à la réalité du décès. Comme si inconsciemment on se disait que ce n’était qu’un mauvais rêve, que cela ne pouvait être, qu’on allait se réveiller et s’apercevoir qu’on s’est trompé, que ce n’était qu’un vilain cauchemar et que ceux qu’on aime sont toujours vivants.
Pour les plus rapides, c’est la phase de tristesse qui se produit très vite. On se sent vidé, désemparé, et les plus expressifs sauront exprimer cette tristesse par des larmes, des cris ou de lourds sanglots. Pour les plus discrets, juste une rougeur des yeux et quelques larmes discrètes vite essuyées.
C’est le moment de se rappeler de la citation du philosophe Alain : « La tristesse n’est jamais ni belle, ni digne, ni utile ».
Son utilité éventuelle, je ne la vois que pour faire cesser les commérages : « Vous avez vu ? Elle n’a même pas pleuré à son enterrement ! »…
Mais entre nous, si vous vous inquiétez plus du qu’en dira-t-on que de votre douleur dans une période pareille, c’est que vous allez déjà pas si mal. Et d’ailleurs, toujours entre nous, si vous vous intéressez au qu’en dira-t-on, c’est que vous avez zappé une ou deux astuces de ce blog pour être heureux et je vous invite à lire et à relire certains articles depuis le début (juin 2012)… 😉
Mais reprenons les étapes du deuil : l’abattement, puis la tristesse. Mais celle-ci n’étant pas utile, vous allez devoir battre votre tendance à vous laisser aller (et à jouer les victimes). La vie continue, que vous le vouliez ou non, et le décédé n’aurait pas aimé vous voir si abattu(e). Au contraire, notre tristesse empêche, paraît-il, l’évolution des défunts dans l’Au-Delà (pour ceux et celles qui y croient).
Bref, malgré vous ou grâce à vos efforts, vous allez recommencer à lâcher un sourire ou deux, voire même rire. Vous pourrez parfois même vous sentir honteux d’avoir osé sourire ou rire en cette période. Mais rire et sourire font partie de la vie autant que la Mort. Il est important de rire et de sourire. Tout le temps. Même en période de deuil.
Un de mes amis compare la tristesse lors d’un deuil à des pelures d’oignons : il y en aura plusieurs couches, plusieurs moments de tristesse, plusieurs sanglots soudains, jusqu’à ce que tout soit tombé et qu’il ne reste plus que le cœur de la vie et que le deuil soit fini. Comme quand on pèle un oignon : au début les pelures sont les plus grosses, les plus épaisses, et puis au fur et à mesure elles deviennent plus fines. La douleur d’un deuil est identique : au début on souffre, on pleure plus, et puis peu à peu cela s’estompe.
Tout cela est normal.
Il faut se rappeler que c’est normal, c’est la vie, et ne pas chercher à s’appesantir sur la tristesse, ni la provoquer si nos sentiments semblent anesthésiés. Chacun a sa façon de vivre ces moments-là. Il faut laisser faire le temps.
Se laisser aller, se permettre de vivre ses émotions au fur et à mesure qu’elles arrivent.
Tous les spécialistes de l’intelligence émotionnelle vous le diront : avec les émotions, le meilleur moyen de s’en débarrasser est encore de les vivre. Ou, si vous avez acquis cette capacité de gymnaste émotionnel, de les faire glisser doucement et de les remplacer les unes par les autres.
Jusqu’à atteindre la sérénité.
Amicalement,
Joy
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