Des souvenirs

Fleur décorative

Que sommes-nous sinon qu’un ensemble de moments vécus, et souvent des moments vécus avec des autres que nous ?

Et notre vie étant limitée, « qui parlera de nous quand nous serons morts » ? (clin d’oeil à un excellent film avec Victoria Abril dont le titre était « Personne ne parlera de nous quand nous serons mortes » (je crois)).

Bref, la vie passe, nous aussi.

Une nouvelle année approche et à chaque fois je ne peux m’empêcher de m’interroger : est-ce que c’est ce nouveau chiffre qui sera indiquée comme date de fin sur ma tombe ? Mourrais-je cette année ?

Même jeune, même en bonne santé, on ne sait pas.

Tout peut arriver.

Il n’y a pas que les autres qui partent.

Et d’ailleurs je n’ai pas du tout envie que certains autres partent…

« C’est gai ! » me dirait une amie chère, désabusée, si elle lisait ces lignes. Et elle aurait raison.

Mais je ne suis pas triste.

Aujourd’hui je me sens… neutre. Ni heureuse ni malheureuse. Neutre. Dans l’expectative.

Mon humeur peut tout aussi bien verser dans les rires (et je les sens affluer, l’auto-dérision a toujours été un de mes passetemps favoris) ou dans les soupirs. Pas les larmes, non. Je ne me sens pas malheureuse du tout.

J’ai cette chance.

Alors de quoi voulais-je parler ?

Des souvenirs.

Ou plutôt des liens que nous tissons sans nous en rendre compte avec les autres, tous les autres. Nos amis comme nos connaissances. Les gens qui nous entourent.

Parce que nous ne savons pas l’influence que nous pouvons avoir sur les autres.

Un sourire, une remarque, peuvent aussi bien redonner le goût de vivre que pousser une personne vers le suicide. Cela dépend de leur vie, de notre atitude envers eux. De leur histoire aussi.

Et qui connaît réellement l’histoire de l’Autre ?

Personne.

Car nous ne vivons réellement que notre vie.

Cette année il paraît que le cadeau de Noël le plus offert en France était un jeu de société.

Je m’en réjouis. Car il est plus facile de créer un lien avec autrui autour d’un jeu de société qu’autour d’un écran, quelqu’il soit.

Oui, je peux me souvenir des instants répétés : « Je me souviens quand je regardais telle série à la TV avec ma grand-mère », mais il est plus facile de créer du lien autour d’un jeu de société : « Je me souviens de la partie de Cluedo qui n’a duré qu’un tour car tu as tout deviné dès la première question ».

Car nous ne sommes rien d’autres que nos souvenirs communs. Et si l’année qui s’approche devait être notre dernière année, n’avons-nous pas un tout petit peu envie qu’on se rappelle de nous ?

Amicalement,

Joy

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